TOME II
avec tant d'impolitesse. Nous étions à peine dans la voiture , que l'imprudente Minna commença derechef à me faire des reproches. Comme je la réprimandai avec toule la sévérité paternelle sur la conduite inconvenante qu'elle avait tenue à mon égard , ses reproches dégénérèrent en injures qui devinrent tellement offensantes, qu'il s'en serait peu fallu qu'elles ne me portassent à la traiter avec dureté pour la première fois de ma vie, si, heureusement dans le même instant, des personnes qui passaient près de nous ne nous eussent observés. Cela me donna du temps pour me recueillir; je rougis de mon emportement, et gardai le silence.
Je passai tristement la nuit suivante, et je versai des larmes amères sur le changement presque surnaturel d'un enfant autrefois si aimable et si obéissant, et qui maintenant me récompensait de tout mon amour et de tous mes soins vraiment paternels, par linpratitude et le mépris! En vain je m'efforçai de pénétrer la source de cet le insensibilité. Ce ne fut que beaucoup plus tard , lorsque forage était déjà amoncelé sur ma tête, que je la découvris; mais malheureusement il ny avait plus de remèdes aux maux qui en résultèrent.