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CHAPITRE VIII

Compositions littéraires. — Leipsick. — Gotha. — Altenbourg. — Séparation de la troupe de Seyler.

Pendant mon séjour à Golha, j'employai mes heures de loisir à écrire ma pièce intitulée : Les Médicis. La femme d'un conseiller intime, Mme de Lichtenstein, qui unissait un goût pur a des connaissances étendues, ainsi que mes amis Eugel et Benda, eurent la complaisance de me communiquer leurs observations critiques sur cette pièce. Ainsi améliorée , elle fut , d'après leurs conseils , insérée dans le second volume de mes ouvrages dramatiques, qui fut imprimé peu de temps après.

(i) Je ne puis répondre que ce récit s'accorde dans tous les détails avec la vérité la plus exacte. Celui qui me l'a raconté était ami de Raspé ; et qui ne cherche pas à parler avec ménagement de ses amis?

A la fin de l'hiver, Seyler retourna avec sa troupe à Leipsick, pour y passer le temps de la foire; c'est là qu'il reçut de la cour de Dresde la proposition d'un engagement très avantageux qu'il résolut d'accepter. Après que les stipulations précises eurent été concertées et souscrites, il rompit, à notre retour, le contrat qu'il avait fait avec la cour de Gotha. Le duc, qui se vit avec peine privé de spectacle, i^ésolut enfin de créer un théâtre à ses frais; et, pour arriver à ce but, il fit inviter les premiers acteurs de la troupe à y prendre des engagemens, dès que le temps qu'ils devaient à Seyler serait expiré; à cette condition toutefois qu'ils ne pourraient s'attendre qu'aux trois quarts des appointemens dont ils avaient joui jusqu'à présent; mais en revanche, dans le cas où le théâtre serait fermé, ils pouvaient compter, avec certitude, sur la moitié des mêmes émolumens, à titre de pension viagère. Eckhof et plusieurs acteurs acceptèrent cite proposition. Seyler, que cette résolution mit dans un grand embarras, fit son possible pour conserver au moins une partie de la troupe sous sa direction, en leur promettant d'augmenter considérablement leur salaire. Mon ami Eugel, qui travaillait par-

ticulièrement pour son intérêt, me donna le conseil de m'associer à cette dernière partie, et Seyler me faisant d'ailleurs espérer des avantages considérables, je me laissai enfin persuader. Le directeur associa peu à peu, à notre petite troupe, plusieurs artistes des autres théâtres, et de cette manière nous formâmes à la fin un tout assez complet.

Vers l'automne, la cour se rendit à Altenbourg, où l'on tenait les assises, et la troupe entière l'y suivit. Le duc et son épouse furent toujours aussi gracieux pour les acteurs qui avaient renoncé a l'engagement qu'on leur proposait au théâtre de la cour; et, loin de leur laisser voir les moindres mécontentemens, ils les honorèrent au contraire, jusqu'au dernier moment, de leur présence et de leurs bietifails. Bien souvent je me repentis intérieurement de n'avoir pas accepté les propositions d'un prince qui m'avait toujours traité avec tant de bonté; mais, à mon regret, le pas était fait, et il m'était impossible de revenir sur cette démarche. Un mois après on termina les assises ; la famiile ducale retourna à Gotha, suivie des acteurs du nouveau théâtre de la cour, dont Eckhof avait été nommé directeur; et Seyler conduisit a Leipsick ceux

qu'il avait conserves , ainsi que les artistes qu'il avait engagés récemment.

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