‹ Mémoires de BrissotChapitre 11 sur 86 · INTRODUCTION. XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIX

Brissot fait allusion^ dans cette lettre marquée des efferyescences et des déclamations habituelles au temps^ à des projets qui passent la portée ordinaire, malheureusement pour lui plus faciles à justifier en théorie qu'à réaliser en pratique, qui absorberont et déyoreront son active, laborieuse et stérile jeunesse.

n s'agissait' pour lui de provoquer par une révolution dans les idées, notamment celles qui touchent à l'éducation et à la répression, la révolution dans les mœurs qui s'étend si vite aux lois et aux institutions elles-mêmes.

C'est sur la terre libre d'Angleterre qu'il avait résolu de chercher le point d'appui de ce levier avec lequel.il voulait soulever l'ancien monde. Ce levier, c'était ce qu'il appelait, d'un mot^ du temps mis à la mode par La Blancherie, son lycée, mais un lycée autrement vaste et compliqué que le salon de lecture et le journal d'encensement mutuel fondés par son timide prédécesseur. La création de Brissot, dans sa pensée, devait comprendre une association, une confédération internationale de savants et de lettrés, en vue de la réforme politique et sociale, plus encore que du progrès spéculatif des sciences et des arts. Cette confédération des novateurs européens, après avoir fortifié ses doctrines de l'autorité que leur donnait la double épreuve de la délibération et de la publicité, devait les propager au moyen de réunions périodiques, d'assemblées tour à tour intimes ou solennelles, mais surtout par le

de M. Bontron-Charlard, qui a bien voulu nous la communiquer. La signature pourrait servir à infirmer les protestations de fidélité à son nom plébéien, articulées plus tard par Brissot en réponse aux malignes insinuations de Théveneau de Morande.

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