‹ Mémoires de BrissotChapitre 3 sur 86 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

légelepoëte tragique GuiUard, le futur constituant Bouvet, les futurs conventionnels Sergent, Bouteroue, Chasles, Pétion, ce dernier surtout de tout temps fidèle à sa fortune et Tapologiste dévoué, jusque dans son asile précaire de Saint-Émilion, de celui dont il ne pouvait plus servir par son témoignage que la mémoire persécutée *. • A ce premier pas dans la vie virile, Brissot, comme tant d'autres avant et après lui, se trouva fort perplexe sur la route à choisir.

c Quel parti prendre en sortant du coUége? un métier? Mes connaissances étaient perdues. Le commerce? on ne le connaissait pas à Chartres, il n'y avait que des détaillants. Le petit collet? ma sœur m'en pressait ; mais je ne Tonlais pas être sciemment im charlatan. Il ne me restait que le barreau ; je le préférai. Pour y arriver, il fallait traverser le labyrinthe de la chicane, et je fus forcé de suivre l'usage. J'entrai chez le procureur le plus renommé de Chartres.... ^ D.

M. Horeau c était honnête homme malgré sa profession, bon, désintéressé, mais livré à de petites pratiques et n'ayant que des vues étroites ». Heureusement pour Brissot, il avait un fils « plus amoureux des sciences que de la pratique », possesseur d'un bon cabinet de physique et d'une belle bibliothèque qu'il ouvrait libéralement à ses amis, curieux et studieux comme lui.

Brissot tira grand parti pour cette éducation personnelle qui est l'œuvre de notre curiosité, comme la sagesse

* On trouve au t. n, p. 218, de l'ouvrage intitulé : Charhite Corday et le» GirondinSj par M. Ch. Vatel (Hon, 1864-1872), une Notice sur Brissot, écrite par Pétion, et dont l'intérêt est surtout dans la confirmation qu'eUe apporte sur tous les points aux véridiques assertions des Mémoires,

^ Mémoires, 1. 1, p. 60.

Page 1