XII INTRODUCTION
venu à Chartres, d'où il emmena une femme « dont la beauté et Tesprit faisaient quelque bruit », et un premier clerc à quatre cents livres d'appointement qui n'était autre que Brissot.
Il était entré en conquérant dans la faveur de son patron par la dédicace hardie d'une dissertation paradoxale sur le vol ^Ib, propriété, jeu d'esprit malencontreux auquel s'était amusé un homme dont le badinage était naturellement grave, mais que plus tard ses détracteurs affectèrent par trop de prendre au sérieux. H n'a pas tenu à eux que Brissot n'ait passé pour un communiste et un anthropophage, et n'ait été regardé par la postérité comme un précurseur de ce Proudhonplus dangereux par les passions auxquelles il a fourni le mot de guerre et le drapeau que par des idées que le peuple ignore et ne comprendrait pas.
Ce qu'il y a de funeste dans les philosophes révolutionnaires, ce n'est pas le système lui-même, inoflPensif s'il demeurait dans la sphère spéculative, mais l'application et surtout l'abus qu'on en peut faire.
Ni Brissot ni NoUeau n'avaient songé à tout cela, quand le premier, sur un badinage philosophique qui lui avait valu la faveur du second, entra dans la capitale. Il se sentait si joyeux de ne plus voir le clocher natal, qu'il en trouva léger... les premiers jours , ce bât de la basoche, qui devait bientôt le blesser en tant d'endroits.
Nous avons trouvé intéressant et utile, pour l'intelligence du caractère de Brissot, de son rôle littéraire et politique, de résumer l'histoire de^ ses origines, des influences qu'il reçut de bonne heure, de ses débuts; pour tout le reste, nous n'avons pas la prétention de suppléer