ON BARIL DE POUDRE
peu pour concilier tous les esprit-, et tandis que les libéraux prétendaient qu'il entravait la marche du progrès, il s'aliénait les ultras par des concessions insignifiantes. Ces derniers mirent alors tout en œuvre pour obtenir du roi Je changement du ministère Siméon et son remplacement par des hommes bien connus pour leur royalisme et leur dévouement aux jésuites; mais toutes Les intrigues ourdies pour circonvenir le souverain n'aboutissant à aucun résultat, les meneurs résolurent de tenter un grand coup pour vaincre ce qu'ils appelaient l'obstination duroi, et, comme pour réussir en politique l'exaltation ne recule devant aucun moyen, ils imaginèrent un expédient infernal. On choisit pour le mettre à exécution un nommé N***, homme sans considération, sans honneur, ayant perdu toute sa foi tune au jeu, appartenant corps et âme à la compagnie de Jésus. Des pétards firent explosion, l'un près du café de la Régence, l'un à la place du Carrousel, et un troisième au Trésor.
Le lendemain 29 janvier 1821. un petit baril contenant trois ou quatre livres de poudre fut placé sur le troisième palier de repos de l'escalier intérieurdesservant l'appartement de madame la duchesse d'Angoulème. Le baril se trouvait dissimulé au moyen d'un panier à sécher le linge et possédait une mèche soufrée, à laquelle N*** mit le feu vers quatre heures trois quarts du soir, puis il descendit lestement l'escalier et sortit plus précipitamment encore des Tuileries. Quelques secondes après, l'explosion
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.-ut Lieu, el avec une telle violence, que les vitres de l'appartement de la duchesse d'Angouléme et celles du cabinet <lu roi volèrent en •'•••lais, et la détonalion fui bj forte qu'on l'entendit aux Champs-Elysées.
M. le procureur général Bellard, le procureur du roi Jacquinol de Pampelune, le substitut Bourguignon et le préfet de police Angles, se rendirent au château pour commencer une «n«| u<i «• ei recueillir les premiers renseignements, avec le concours du commissaire de police, d'officiers de paix et d'inspecteur-.
Comme on le pense bien, les nobles instigateurs de cet affreux attentai ne furent pas Les derniers h te rendre auprès <!<■> magistrats chargés «le diriger l'enquête, et toutes les manœuvres tendirent à faire tomber L'odieux de la chose et la preuve de la culpabilité Bur les ennemis du trône et de l'an tri, sur /es libéraux. Je m'étais rendu aux Tuileries avec l'officier de paix Dabasse et je suivis cette affaire danses détails.
On arrêta el on conduisit à La préfecture de police, malgré leurs dénégations Les plus formelles, malgré leurs pleurs el Leurs supplications, deux malheureux petits savoyards, qui, la veille, avaient ramoné une i aeminée voisine de L'appartement du roi, et qui, à peine âgés chacun d'une dizaine d'années, furent interrogés but Les tous points, de toutes Les manières, sans qu'ils répondissent jamais autre chose que ces mots : Nous ne savions rien, nous n'avons pas vu «le baril, nous ne savonspas ce que vous voulez nous dire.