LE COUP DU PERROQUET
Le régime absolu qui existait en Espagne avait porté le mécontentement dan- l'esprit d'une partie de la population, et les idés de libéralisme qui germaient dans certaines têtes, trouvèrent bientôt de nombreux adhérents parmi les militaires. Eu 182D. les colonels Quiroga et Riégo entraînèrent les troupes réunies à l'Ile de Léon, dans un mouvement d'insurrection en faveur de la liberté, et par leur attitude, en se plaçant à la tête du soulèvement, ils amenèrent Sa Majesté très catholique à jurer une Constitution. Les libéraux de France encourageaient de leurs vœux, secondaient de leur influence le parti libéral espagnol, tandis que le gouvernement français ne cherchait aucunement à cacher son antipathie et sa répulsion pour le- constitutionnels, dont il avait vu l'insurrection avec déplaisir, insurrection que plus tard il devait réduire, ou pour mieux dire, anéantir. Du reste, à cette époque de fermentation politique, l'exemple était trop pernicieux à ses intérêts et infiniment trop contagieux pour qu'il ne cherchât pas à le détruire.
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Les Libéraux péninsulaires envoyèrent à Paris, pour B'entendre avec Leura adhérents politiques, un des personnages les plus importants de cette insurrection, le comte X quivinl demeurer rue Cau-
martin.
Bientôt, la police tut informée de L'arrivée et des menées de Tenvoyé espagnol. Elle su! qu'il fréquentait assidûment les libéraux les plus avancés de la capitale, que chez le noble comte se I enaienl des conciliabules «Mi B'agitaient des questions politiques opposées au système suivi par le gouvernement français, <■( finalement elle signifia au comte d'avoir à quitter la capitale dans les vingt-quatre heures. Pour s'assurer que l'Espagnol avait réellement abandonné Paris, <»n établit une surveillance à sa porte. Mais ce moyen, qui semblait infaillible, fut cause au contraire qu'on ignora s'il était parti <>u non, et voici comment : Vers minuit, les voisins voyant deux hommes, cachés dans L'ombre d'une porte cochère et faisant en sorte d'éviter les regard- «1rs passants !<■< prirent pour des voleurs et se mirent à les poursuivre jusqu'au boulevard. Les agents, qui peut-être n'étaient pas lâchés de cet incident, profitèrent de la circonstance et allèrent se coucher.
Le lendemain, il- rendirent compte à la préfecture de la manière imprévue dont leur surveillance avait été interrompue, et «les lors «m abandonna toute observation. Mais pendant plusieurs jours des agents allèrent s'informer près du concierge, des locataires et du propriétaire, si l'Espagnol était parti :