AVENEMENT DE CHARLES X. — LES FUSILLADES DE LA RUE SAINT-DENIS
Charles X, en montant sur le tronc, avait rendu une ordonnance qui rapportait celle du 1 5 août 1824 , par laquelle son prédécesseur avait remis en vigueur les loi? sur la censure, et. le 30 septembre de la même année, le nouveau roi allait au Champ de Mars passer une revue de la garde nationale et de la garnison de Paris. Lorsqu'il arriva sur L'esplanade des Invalides, la foule compacte qui L'attendait 3e porta en masse vers sa personne: des lanciers, qui faisaient partie de son escorte, repoussèrent du boide leurs lances ceux qui s'avançaient trop près du roi. Charles X. s'en étant aperçu, fit signe aux lanciers de laisser approcher la foule, en leur disant : Point de hallebardes! Ces paroles furent suivie- '!,jcris mille fois répétés de Vive le roi!
Le lendemain, la presse et le public faisaient le plus 2rand éloge du souverain; tout le monde comptait que ce règne apporterait une ère de sage liberté :
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malheureusement il n'en fut point ainsi : le< intentions bienveillantes du roi furent considérées comme
dangereuses par la congrégation qui alors était encore dans sa toute-puissance. Tous les ultras liguèrent pour détourner le monarque des velléités de libéralisme qu'il avait manifestées ; ils firent jouer tant de ressorts qu'ils parvinrent à circonvenir Charles X, d'un caractère trop débonnaire et trop faible pour pouvoir résister a son entourage. Aussi, le gouvernement marcha-t-il d'échec en échec : malin* é la loi électorale de 1820, malgré les menées des députés ministériels, malgré les machinations bien autrement puissantes de la congrégation, ou peutêtre même à cause de tout cela, la position gagna chaque jour de nouveaux adeptes, et trois années s'étaient a peine écoulées qu'un acte plus éclatant, plu- décisif, vint annoncer que l'époque d'une catastrophe approchait.
Le 17 novembre 1827, des élections générales avaient lieu ; le soir, on se disait tout bas que le ministère de M. de Villèle touchait à sa tin. que cette lois le parti Libéral obtiendrait une immense majorité. Le 18 an matin, on commença à recevoû partiellement les nouvelles du résultai «les élections; les listes arrivèrent, incomplètes à la vérité; mais comme tout faisait présager un Buccès formidable, les habitants des quartiers Saint-Martin et Saint- Denis B'em pressèrent, à la chute «lu jour, dégarnir leurs croisées de Lumières; des il-»i- «le clarté célébrèrent le triomphe qui paraissait assuré.