ENTREE A PAHIS DES DUCS D'ORLEANS ET DE EHARTRE
Quelques jours après la Révolution de 1830, le o août, le duc de Chartres, colonel du 1er hussards, arrivait avec son régiment, de Joigny à la barrière du Trône; son père était allé, à i'improviste, le rejoindre pour faire, avec lui, son entrée dans Paris ; les ouvriers du faubourg Saint-Antoine, qui étaient à leurs travaux, descendirent dans la rue, les uns en manche de chemises, les autres en savates. Au fur et à mesure que le duc d'Orléans passait, ils s'avançaient en masse pour recevoir une poignée de main que le futur roi distribuait à quiconque se trouvait à sa proximité. Lorsque le duc d'Orléans arriva à la hauteur de la rue de Reuilly, la scène changea; un des chiffonniers de la rue sainte Marguerite s'approcha du prince, une bouteille à la main et un verre rempli de bière, qu'il lui offrit. Le duc le refusa en lui disant : «jen'ai pas soif» . Mais le chiffonnier, qui tenait à son idée, renouvela son offre à plusieurs reprises, sans plus de succès. Ces offres et
l»'i MÉMOIRES DE CANLER
ces refus tant soit peu burlesques se succédaient depuis quelques minutes, lorsque d'autres chiffonniers contrariés de ne pouvoir recevoir les poignées de main du prince, que leur camarade accaparait à lui seul, le prirent, les uns par les épaules, les autres par les jambes et l'enlevèrent en lui disant : Pourquoi veux-tu qu'il boive cet homme, s'il na pas soifl Le duc put alors continuer sa marche tranquillement.