‹ Mémoires de Canler, ancien chef du Service de sûretéChapitre 30 sur 76 · ARRESTATION DE LA DUCHESSE DE BERRV · texte numérisé non relu

ARRESTATION DE LA DUCHESSE DE BERRV

Au mois de février 1832, Mmela duchesse deBerry traversait incognito la France pour aller soulever la Vendée au nom de la légitimité. A cet appel, des bandes de chouans s'étaient aussitôt organisées dans plusieurs départements de l'Ouest. Le gouvernement de Louis-Philippe pensa que l'arrestation de la princesse mettrait fin à cette nouvelle chouannerie ; on envoya, pour s'emparer de sa personne, les agents les plus fins et les plus adroits de la police politique de Paris, sous la direction de M. Joly, commissaire de police attaché au ministère de l'intérieur.

M. Joly était un ancien uffîcier de bouche au service de la reine Hortense. Après la chute de l'empire, il était entré dans la police où bientôt il avait été nommé officier de paix par la protection de M. Decase, ancien secrétaire des commandements de la reine de Hollande. Le 13 février 1820, M. Joly avait été chargé de veiller à la sûreté du duc de Berry qui assistait à la représentation de l'Opéra avec la du-

chesse : mais pour un motif ou pour un autre, il n'avail probablement pas pris sa mission au Bérieux, car,

penaanl que Louve] commettait s (rime, il étail

Iranquillemenl attablé dans un café.

En ltt:>:>, M. Delavau, qui lui reprochail à torl ou à raison (ravoir, par sa négligence, Laissé assassiner le duc «I»- Berry, l<' révoqua. Mais, en 1830, il fui réintégré dans sa place avec le titre de commissaire • le police, puis envoyé, comme ,j<" viens de le dire, à la recherche de la duchesse, qui, a L'aide d'amis dévoués el de serviteurs fidèles, avait échappé à toutes Pes ruses et à tous les pièges qu'on lui avait tendus.

La police étail aux abois, el Le gouvernement désespérai! de pouvoir jamais mettre la main sur la mère du comte de Chambord, lorsqu'un miserai» le. nommé Deutff, vint offrir de la livrer moyennant une somme de cinq cent mille francs. Deutz était fils du grand rabbin du Consistoire israélitc de Pari-: il avait abjuré le .judaïsme pour ta religion catholique, et Mmc la duchesse de Berry avait été sa marraine; elle l'avait comblé de bienfaits et avait en lui une confiance sans bornes.

Aussitôt tlnfâme marché conclu, le nouveau Judas s'était mis à L'œuvre en livrant, d'abord la correspondance qu'il entretenait avec la princesse, à un haut fonctionnaire qui, â cet effet, L'attendait à nuit close, d.ois une voilure, sur le quai d'Orsay. Enfin, s'étant

assuré par lui-même de la maison où sa marraine se cachait, il La fit arrêter Le 7 novembre is:{^, et reçut li ^'inmc promise pour prix de sa trahison.

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