‹ Mémoires de Canler, ancien chef du Service de sûretéChapitre 32 sur 76 · MOIRES DE CAM · texte numérisé non relu

MOIRES DE CAM

pepas des eonféchéréa lut terminé, ils se reudireirl en ordre à la place de la B i - 1 i M • - où il n'y avait encore que des earrreus attirés par rappel de la cérémonie. L'arbre de ta liherté avait été saisi par la police, pendant son trajet. Vers ehze heures, une colonne déjeunes gène déboucha sur le Pont au Change; tous ôtateel coiffés de chapeau! gris ornés de cocardes tricolores, tous avaient la boutonnière ornée • l'un osHtel rouage « -i se donnaienl une appari oTordveel d'uniformité qui prouvait clairement <pip ce n'était point la téïan spontané d'une partie <!<• la population', mais bien l'œuvre de quelques esprits turbulents. D<^ sergents de ville se portèrent auvdevairl de ce 1 1 1 1 » ! t - 1 1 m ■ n t , et le dispersèrent en opérant quelques arrestations, mais les jeunes gens, désorientés un moment se réunirent de nouveau et arrivèrent bientôt par la rue Saint-Antoine à la Place de la Bastille, aux cris de Vive la République! Alors nos MLonsierB tombèrent à coups de poing sut les chapeaux gris, détail coiffé érun deees chapeaux, aussi }r reçus un coup de pomg sur la tête qui m'enfonça ma coiffure jusqu'au! orerfles. Queïques-uns des is sommé», dëcoupcertéd et séparés an instant par les renfoncements qui pleuvaient de tons cotée, se réfugièrent an ealéGibé, et tandis que l'un d'eux monté ~u> une table pérorait avee véhémence en interrompant à chaque instant son discours parle cri: Vive la République! d'autres, montés au premier et haranguaient la foule par les croisées en l'appelant

aux armes! mais à ce moment, <lenx commissaires de Police et deux officiers de Paix, accompa^n sergents de ville, firent évacuer le café et opérèrent plusieurs arrestations; les émeutiers, repouse la place de la Bastille', refluèrent vers la place de la Concorde où ils se trouvèrent au nombre de 8 à 900. Le maire de l'arrondissement M. Lefert, siyrendit immédiatement, accompagné «le quelques gardes nationaux, et somma les perturbateurs d'avoir à se séparer instantanément. Ces sommations ne produisirent aucun effet , au contraire : le sieur D". jeune homme connu par son excentricité, dirigea deux pistolets sur la poitrine du Maire, en accompagnant ce geste d'injures et de menaces; alors , les gardes nationaux accoururent défendre le magistrat, et D ** tomba atteint de coups de baïonnettes. Plusieurs individus fuient arrêtés, la plupart porteurs de pistolet-, de poignards et de cartouches ; puis, comme toujours en pareille circonstance, on eut à regretter quelque- blessures, quelques contusions, par suite de rixe- partielles entre les agitateurs et la force armée. Telle furent les conséquences de ce projet de plantation d'arbre de la liberté.

Le lendemain lo, les journaux Le Xational et la Tribune accusèrent le Ministre de l'Intérieur et le Préfet de Police, d'avoir enrégimenté des repris de justice pour faire assommer, à la Place de la Bastille. des citoyens sans défense.

Le National publiait un article dans lequel il affirmait que toute la journée on avait embrigadé

dans le faubourg Saint-Antoine, au vu et au su de tout le monde, de soi disant ouvriers sans travail,

auxquels on promettait 3 francs par tête, pour assommer les jeunes gens qui se désigneraient eux. mômes aux coups, en portant' la cocarde tricolore au chapeau et des rubans de Juillet à la boutonnière; de là plainte, en diffamation de M. Vivien contre M. Paulin, gérant du National, et de M. Casimir Périer contre M. Bocaus gérant de la Tribune; et ordonnance de la chambre du Conseil qui envoie les deux gérants devant la Cour d'Assises.

Voici un abrégé des débats qui eurent lieu du 29 novembre au 1er décembre : M. Paulin était assisté de MM. Odilon Barrot et Charles Ledru, et M. Bocaus de M. Moulin.

Les prévenus soutenaient que l'embrigadement s'était fait chez Souchet, où les ouvriers venaient manger et boire, et recevaient des promesses d'argent, que parmi les hommes embrigadés se trouvaient des malfaiteurs sortis de prison. Plusieurs I '-moins intéressés à ce que la vérité ne soii pas connue, avaient démenti les faits articules par les journalistes, mais à l'audience du 1er décembre, M. Bouvattier maire du 8e arrondissement, qui, la veille, avait déclaré ne pas avoir vu Souche! le L4, avoua que sur son invitation celui-ci s'était rendu ce jour ' . chez lui. puis il ajouta : .l'ai dit que Souchet ne m'avait pas déclaré qu'il avait reçu un drapeau de la Préfecture de police, il esl vrai que ce jour là il me l'a dit, mai- trois jours après il nia le propos.

On pensera, messieurs, ce que l'on croira devoir penser de cette déposition, mais j'avais besoin de me mettre en paix avec ma conscience. En présence d'une semblable déclaration, M. Vivien donna son désistement et c'est ainsi que se termina cette a Taire qui avait eu tant de retentissement et au sujet de laquelle les journaux avaient engagé pour et contre une polémique des plus ardente suivant leur couleur. Peu de temps après ce procès, tous les décorés de Juillet qui avaient pris part à la prétendue manifestation ouvrière obtinrent des places de gardiens ou de forts dans les halles et marchés.

11 ne me reste plus à raconter sur cet épisode que la mort tragique :1e l'un des agents chargés de maintenir l'ordre sur la Place de la Bastille : le sieur Leclerc, sergent de ville, aneien grenadier de la Garde Impériale, chevalier de la Légion d'honneur, avait une conduite exemplaire, mais il ne s'en était pas moins fait remarquer ce jour-là par son emportement et sa brutalité envers les émeutiers. Le soir, à dix heures, il quittait ses camarades pour se rendre le long du canal, afin de satisfaire un besoin, et ne reparaissait plus; qu'était-il arrivé? je l'ignore, mais le lendemain, son tricorne flottait sur le canal et indiquait l'urgence de recher ches qui amenaient la découverte de son cadavre.

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