VOL CHEZ LA MARQUISE DE FALTANS
M. Carlier vint au bureau de la sûreté ; il me raconta toutes l£3 particularités connues de ce vol et me recommanda vivement de m'occuper de cette affaire en ajoutant : M. le marquis de Faltans a promis une récompense de 2,500 francs, si Ton pouvait arrêter le larron encore nanti des valeurs. D'ailleurs, conclut-il, ce serait un début pour la nouvelle police de sûreté.»
Je me rendis immédiatement chez le marquis pour recueillir quelques renseignements propres à m'éclairer dans mes recherches. J'interrogeai les deux domestiques qui avaient vu sortir le voleur; ils m'en ■donnèrent le signalement, et, d'après l'examen des lieux, l'heure à laquelle le vol avait été commis et les circonstances qui l'avaient accompagné, je pensai que ce vol n'avait pu être commis que par un praticien de la catégorie des bonjouriers. Je recherchai aussitôt, mais vainement, dans ma mémoire, auquel de ces malfaiteurs je pourrais appliquer le signalement qu'on venait de me donner. Je revenais à la préfecture de police, la tète toute préoccupée de cette affaire, lorsque, sur le Pont-Neuf, je me trouvai face à face avec un nommé Valentin, ancien forçat libéré, ayant fait partie de la brigade de Vidocq. La ressemblance de cet individu avec le portrait qu'on venait de me tracer, me frappa tellement, qu'après avoir examiné cet homme de la tète aux pieds, je me hâtai de retourner chez le marquis de Faltans, où, à mon tour, je donnai aux deux domestiques, le signalement de mon quidam. A chaque
description que je leur faisais, ils répondaient affirmativement en disant : C'est cela! c'est bien cela! Alors, convaincu que l'ancien agent de Vidocq était l'auteur du vol, je m'empressai de retourner à mon bureau, et je donnai l'ordre à deux agents, derechercheretd'arrêterValentin. Par un heureux basard dont on trouve peu d'exemples, mes agents, en sortant de la préfecture, se trouvèrent nez à nez avec cet homme, qui suivait tranquillement le quai des Orfèvres, tenant une paire de bottes neuves à la main.
Il me fut amené, et, aussitôt, j'envoyai chercher les domestiques qui me l'avaient signalé. Ils n'hésitèrent pas, un seul instant, à reconnaître Valentin pour être l'individu qui s'était introduit chez le marquis de Faltans. Je fis alors déshabiller mon voleur; ses vêtements furent fouillés avec soin ; ils ne contenaient rien de suspect; mai* on trouva sur sa personne, dans un certain endroit, quatre pièces d'or de quarante francs, qu'il y avait introduites après son arrestation et sans que les agents >'en aperçussent. Malgré la confrontation qu'il venait de subir, il n'en continua pas moins à soutenir qu'il n'était pas l'auteur du vol et refusa de faire connaître son domicile.
Il fut écroué au Dépôt, en attendantde plus amples informations.
Je pensai que Valentin, comme tous les malfaiteurs, devait avoir quelque till<' publique pour maîtresse et que si je pouvais la découvrir, j'ar-