ASSASSINAT DE LA VEUVE IIOUET
La veuve Houet, âgée de soixante-dix ans, et jouissant d'une fortune de 150,000 francs, demeurait, en 1821, rue Saint-Jacques n° 81; elle était mère de deux enfants, une fille et un garçon. La fille était mariée à un ancien marchand devins nommé Robert, qui ne vivait pas toujours en bonne intelligence avec sa bellemère. Quant au garçon, grand, et fort, d'un esprit faible et borné, il habitait avec sa mère et travaillait dans un atelier où i] gagnait deux francs par jour, en qualité d'homme de peine.
La vieille dame, quoique riche relativement à sa condition, n'avait pour domestique qu'une femme qui venait le matin faire son ménage et ses commissions. Le 13 septembre de cette même année 1821, sa femme de ménage étant venue un peu plus tard que de coutume, elle la réprimanda assez vertement, puis lui donna une longue course à faire. Après son départ, une personne alors inconnue vint voir la veuve Houet et l'emmena; où la conduisit-elle? on l'ignora, car elle ne reparut plus.
Se fondant sur la mauvaise intelligence qui régnait entre le gendre et la belle-mère, l'opinion puldique accusa le premier de celle disparition, qui lui profita directement, puisqu'elle le faisait héritier de la fortune de sa belle-mère. En conséquence Robert fui arrêté, ainsi qu'un de ses amis nomme Bastien, ancien marchand de vins, entrepreneur de menuiserie, demeurant rue du Buisson-Saint-Louis, 22. On fit une enquête, mais comme elle n'apporta aucune preuve à l'appui de l'accusation, une ordonnance de non-lieu fut rendue au bout de quelques mois.
Trois ans plus tard, en 182Ï, de nouveaux indices étant parvenus à la justice, Robert et Bastien furent de nouveau arrêtés, soumis à une instruction sévère, puis encore une fois relâchés d'après un arrêt de la chambre du conseil.
Près de dix années s'étaient écoulées depuis ce dernier acte de procédure; quelques mois encore et la prescription décennale allait couvrir de son manteau protecteur et laisser-un forfait impuni. La vindicte publique s'était tue depuis longtemps; la disparition de la veuve Houet était oubliée par beaucoup, ignorée par un plus grand nombre, lorsqu'au mois de mars 1833, un nommé G***, ancien repris de justice, espèce d'homme d'affaires, ami et conseiller de Bastien, s'aboucha avec un autre repris de justice, ancien agent de la brigade de Vidocq, conservé au service de sûreté comme indicateur, el lui dit en confidence que si la police voulait lui donner 500 francs, il ferait connaître les auteurs de L'assassinat de La