ASSASSINAT DE LA VEUVE HOUET
veuve Houet, et fournirait des indications assez certaines pour faire retrouver le corps de la victime.
La proposition fut faite au chef de service de sûreté, et, comme on le pense bien, acceptée. Avis m'en fut donné aussitôt pour que je pusse assister aux révélations de G***, qui ne tarda pas à arriver. Il commença par nous déclarer que Robert avait été l'instigateur du crime et que Bastien ne l'avait commis qu'à la suite des promesses d'argent du premier, promesses qu'il n'avait pas tenues, car le trinal civil n'ayant alloué à la fille de la veuve Houet qu'une somme annuelle de 1,500 francs jusqu'au moment de la prescription fixée par la loi pour la succession des personnes disparues, Robert, vu cette minime allocation qu'il n'avait pas prévue, avait d'abord éludé ses promesses, puis les avait en quelque sorte oubliées, ne se rappelant pas que cette main que lui tendait son complice était encore teinte du sang de leur victime.
Tout dernièrement, ajouta G***, Bastien m'a confié que cette fois il espérait voir Robert lui donner ce qu'il lui promettait depuis si longtemps, qu'il venait de lui écrire à Yilleneuve-le-Roi, où il s'était retiré avec sa femme, et que sa lettre contenait entre autres menaces ces mots :
« Souviens-toi du jardin de la rue de Vaugirard, 81 .. . Tu sais, à quinze pieds du mur du fond, à quatorze pieds du mur de coté.., les morts peuvent quelquefois revenir. »
— Bastien, dit G***, conserve dans son portefeuille
-J'.'i HÉMOIRES DE CANLEfi
un plan du jardin de la rue de Vaugirard; l'endroit OÙ la veuve Ilouet a été enterrée est marqué par un point noir. Je possède depuis fort longtemps la confiance de Bastien, et plus dune fois il m'a raconté lui-même tous les détails de cet assassinat.
— Mais, lui dit-on, pourriez-vous vous rappeler assez exactement ces détails et les faire connaître?
— Oh ! pour plus de certitude, je vais vous répéter mot à mot la dernière conversation que lia-tien eut avec moi à ce sujet:
Robert, m'a-t-il dit, m'entretenait depuis Longtemps dr ses démêlés avec sa belle-mère, des griefs qu'il croyait avoir contre elle, et lui reprochait, entre autres choses, d'être une vieille avare qui, bien que possédant de la fortune, laissait ses enfants dans la mi -ère. Bien des fois il m'avait répété qu'après la mort de la mère de sa femme, la moitié de cette fortune devait lui revenir, et la conclusion de Bes jérémiades était toujours :
Cette vieille femme ne crèvera donc pas pour nous rfebarrasser!
Enfin, au commencement «le septembre 1821, il me proposa de Vettourbir (l'assassiner), m'ofirant, si je voulais L'aider, «le partager avec moi l'héril qui lui reviendrait ; j'acceptai*
Robert alors Loua, rue de Vaugirard, 81, une maison isolée avec un jardin dans Lequel je creusai un trou profond; j'achetai une corde, j'eus soie de me munir de chaux ; après quoi, un dimanche matin, je me rendis chei La veuve Houe! et je lui annonçai que