‹ Mémoires de Canler, ancien chef du Service de sûretéChapitre 47 sur 76 · DH ENLEVEMENT · texte numérisé non relu

DH ENLEVEMENT

Un riche propriétaire, habitant l'un des départements voisins de la capitale, vint à Paris déclarer au préfet de police que sa femme, jeune et charmante brune de vingt ans, était partie en compagnie d*un sieur Y*", son séducteur, emportant cent cinquante mille francs, tant en valeurs qu'en bijoux.

Je fus chargé de trouver les deux fugitifs, à la recherche desquels on me lançait sans indications, sans renseignements, me donnant pour toute instruction ce mot de l'Évangile : Cherche, et tu trouveras. Je me rendis tout d'abord à la poste aux chevaux, où j'appris avec la plus grande satisfaction que la veille, un monsieur et une dame avaient demandé des chevaux pour dix heures du soir, que la chaise dans laquelle ils voyageaient leur appartenait, que la caisse de cette chaise était peinte en vert, et qu'enfin les deux voyageurs avaient manifesté l'intention de se rendre en Angleterre. Muni de ces renseignements et des signalements qu'on m'avait donnés, je retournai à la préfecture faire part de ma

UOIRES DE CÀNLBR

découverte, et, deux heures après, étendu sur les coussins d'une excellente chaise de poste, je traversais le faubourg Saint-Denis au triple galop de mes chevaux. J'avais pris un passe port pour l'Angleterre el j'étais porteur d'un mandat d'amener décerné par un juge d'instruction contre les deux voyageurs: en mesure de ce eût»*, je m'appliquai, à chaque relais, à Buivre la piste des amant-; or, rien n'était plus simple avec Le Bystème que j'employais : lorsque j'arrivais à un relais, et pendant le temps qu'on changeait mes chevaux, je m'informais avec soin auprès des postillons et des valets d'écurie du signalement des personnes qui étaient passées depuis la veille, et, appuyant toujours ma demande d'un argument irrésistible, les pièces de cinq francs, je recueillais ainsi de poste en poste des preuves certaines de leur passage. Je ne les avais en quelque sorte pas perdus de vue, et, en forçant un peu la main à mon postillon, j'étais sûr de les rattraper avant leur cm harquement. Mais, dans le chef-lieu du département de la Somme, j'appris d'un garçon palefrenier que le matin même un monsieur et une jeune dame, arrivés dans une chaise de poste, étaient partis pour Àrras après avoir déjeuné et pris un peu de repos; • ■t. ,i peine sortis de la ville d'Amiens, ils avaient dit m postillon de tourner bride et de Les conduire sur la route de Metz, désirant, disaient-ils, visiter l'Allemagne.

Il m'était impossible d'aller plus loin, mon pai port éi.uii visé pour Londres, Je pensai que V***. en

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