FIESCHI, PEPIN, MOREY ET KINA LASSAYE
— Vous avez une chose fort simple à faire, lui répondisse, retournez près du préfet, dites-lui que vous n'avez pas l'habitude de ces sortes d'expéditions et qu'en pareilles circonstances, c'est toujours moi qui opère ; de cette façon, on me chargera sans doute de la mission et j'irai à la ferme à votre place.
— Oli ! non! je ne puis faire une pareille proposition. J'en subirai toutes les conséquences; mais, ajouta-t-il en me remettant son portefeuille , dites bien à ma femme et à mes enfants, si je ne reviens pas, que c'est pour eux que je me suis sacrifié.
Heureusement pour lui, notre guide se trompa de route et nous égara si bien, qu'après avoir marché pendant toute la nuit, nous nous trouvâmes le matin au point du jour au bord du chemin où nous dûmes nous arrêter pour nous orienter ; notre guide ne s'y reconnaissait plus.
Bientôt, à travers les brouillards du matin, M. le préfet, qui connaissait le plan de la ferme par ce que lui en avait dit N***, aperçut à notre droite une habitation assez importante, entourée de murs, et pensa que ce pourrait bien être la ferme que nous cherchions. Il fit appeler notre guide, qui, s'étant consulté avec N***, finit enfin par se reconnaître. Aussitôt, les gendarmes a cheval s'élancèrent pour cerner les murs de clôture, et une demi-douzaine d'agents durent les soutenir, afin que personne ne pût escalader cette enceinte sans être arrêté. En même temps, le préfet, le chef de la sûreté, moi et le reste des agents, nous nous dirigeâmes vers la grande
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p-^rt'' d'entrée où noua frappâmes à coupa redoublés.
Après dix minutée d'attente, la porte massive roula -ut- ses gonds rouilles. Le préfet interrogea Lui-même lr fermier Rousseau, qui répondit à toutes les questions qu'on lui adressa : « Je ne connais pas ce monsieur Pépin, je ne sais pas ce que vous voulez me dire. » Pendant ce temps, nous noua étions disp< dans les différents corps de Logis, afin de les fouiller tous simultanément. Gomme j'étais en train d'interroger du regard les coins et recoins d'une grande pièce dans Laquelle je venais d'entrer avec Le brigadier Fraudin, celui-ci pénétra dans une petite pièce y attenante et s'écria : Tiens! voilà un lit encore chaud! il n'y a pas longtemps que le paroissien en est sorti ! A cette exclamation, je me précipitai dans la pièce où il était : pendant ce temps, il avait tiré le lit et ouvert un placard assez bien dissimulé qui se trouvait derrière ce lit à hauteur d'appuis : Pépin y était «'ii chemise, le dos collé contre Le mur. Noua Le Ornes descendre.
En se voyant pris, sa première exclamation fut ,1,. uous prier de ne pas lui faire de mal; mais s'apercevant bien vite que rien dan- n<>< procédés ne ju-iiii ut sa crainte, ses idées prirent un autre cours et, nous adressant de nouveau la parole, il noua dit : Vous croyez peut-être que je suis carliste? eh bien, détrompez-vous, jesaurai plus tard vous en donner des preuves certaines.
Le préfet arriva; on lit babiller Pépin et on procéda a une perquisition qui n'amena d'autre résultat