ASSASSINAT CAZES
fiacre, et bientôt nous arrivâmes à la maison qui nous fut désignée par l'armurier ; le concierge interpellé, nous déclara que l'individu que nous demandions se nommait X***, qu'il avait effectivement été son locataire, mais qu'il avait quitté l'hôtel sans laisser sa nouvelle adresse. « Du reste, ajouta-t-il, si vous voulez attendre un instant, je vais voir si ma maîtresse la connaît. » Celle ci demeurait au premier ; le cerbère monta l'escalier, nous le suivîmes et nous l'entendîmes dire : « Des messieurs demandaient l'adresse de M. X***, et, comme il me l'avait recommandé, je leur ai dit que je l'ignorais. » Sans en entendre davantage, le chef de sûreté s'avança, fit connaître sa qualité et reprocha à la propriétaire du garni de prêter la main aux subtilités d'un malfaiteur pour le faire échapper à la justice. La dame, effrayée, intima au portier l'ordre de nous dire la vérité, et celui-ci, changeant tout aussitôt de ton, nous apprit que X*** était employé à la poste, qu'il vivait avec une femme qui lui faisait mener grand train, et que, déménagé depuis quelques jours seulement, il demeurait avec elle, rue de Tivoli, n° 20. A la suite de cette visite, Dublé fut réintégré au Dépôt ; j'allai voir M. Lebœuf, qui m'apprit que peu de jours auparavant un jeune homme, répondant parfaitement au signalement de Cazes, était venu toucher des mandats : « Je regrette, me dit-il, de les avoir payés, car je reçois à l'instant la nouvelle que ces mandats ont dû être soustraits dans une lettre à la poste. » Cette dernière particularité vint corro-
Mfl MtMulRKS DE I MUER
borer les présomptions < ] u i existaient contre .\'". aussi, en qoiUanl le banquier, me rendis-je immédiatement à l'hôtel général des postes. Je m'adressai a un chef de division, auquel je fis connaître ma qualité et l'objet de ma mission. Après être convenu du prétexte qu'il mettrait en avant, il fit venir V" dans -"ii cabinet.
— Voilà monsieur, lui dit-il, <\u\ vient vous prier de vouloir bien vous rendre avec lui près du jn^p d'instruction, qui n'attend que votre témoignage pour mettre en Liberté un jeune homme qui prétend être votre ami d'enfance et <jui a été arrêté hier pour voies de l'ail.
La pilule était dorée, X L'avala sans hésitation et me Buivit; seulement, en chemin, je fus ol de répondre à de- questions eu quelque sorte anales à celles qui, deux jours auparavant, m'avaienl été adressées par Dublé, et a confectionner eii un signalement «le pure invention. Ou devine facilement qu'une fois a la préfecture il y demeura,
Une visite laite a son domicile amena, entre auii es
objets, la -ai~ie d'un poignard dont la pointe I
émoussée. Confronté avec le cadavre de Gazes, V ' nia l'assassinat, bien que les médecins déclarassent que Le poignard saisi chez L'inculpé «tait semblable, par sa dimension, à celui qui avait frappé la victime. Devanl La cour d'assises, V soutint son Bystème de dénégations »•! ne lui condamné qu'à sept ans de travaux forcés poui soustraction de lettres chai le jury ayant i eus ition d'assassinat