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d'usage en pareil cas, une halte chez un marchand devins permit à une vieille amitié de s'épancher fraternellement \"' se garda bien de raire confidence des fonctions Becrètes qu'il remplissait el se posa comme un modeste employé faisant la place pour une maison de commerce. Au contraire, ir-*. le menuisier, avoua franchement que son travail pouvait à grand' peine subvenir aux besoins de sa famille ei il en donna pour cause principale la marche du gouvernement qui paralysait les affaires. Le fourbe el astucieuxagent pensa aussitôt qu'il pourrait plus tard tirer profit des sentiments politiques de son ancien camarade. Ils se quittèrent enchantés l'un de l'autre et se promettant de se revoir bientôt. L'agent, pour ne pas brusquer l'affaire qu'il méditait et ne pas éveiller les soupçons de la proie qu'il convoitait, ne se présenta au domicile du menuisier que quinze jours après la première entrevue. On alla vider une bouteille, et A*** amena adroitement la conversation sur la politique et fit chorus avec B***, pour blâmer l'état de choses, -an- cependant pousser aussi loin les récriminations. Les visite- de L'agent devinrent plus fréquentes et la eonfianee ne tarda pas à parât* ire complète entre les deux camarades. C'est alors que A**' proposa a I!"* de lui faire connaître un nomme qui. disait-il. occupait une certaine position dan- le monde et qui était l'un des principaux membres d'une société secrète. La proposition fut accep tée, et bientôt A*** présenta L'agent G***, son collègue comme (dant le personnage annoncé. Une Intimité
UNE MACHINE IUPERRÀLE 153
sympathique sembla s'établir entre ces trois individus et les réunions se multiplièrent; enfin, un certain soir, G*** dit au menuisier qu'il était chargé par son comité de faire construire une machine infernale el lui proposa d'exécuter ce travail, en l'assurant qu'il serait récompensé généreusement. B*** manifesta d'abord de la répugnance pour entreprendre une telle besogne, mais les instances et les raisonnements du complice de C*** ne tardèrent pas à lever les scrupules de ce pauvre diable, qui, pour dernière objection, déclara qu'il n'avait pas d'argent pour acheter les matériaux nécessaires à la fabrication de l'instrument régicide.
— Qu'à cela ne tienne, reprit G***, on vous fournira tout ce dont vous aurez besoin.
Le menuisier se mit à l'œuvre. L'un ou l'autre des deux agents venait, chaque jour, lui rendre visite et l'encourager à activer son travail. Enfin, lorsque l'instrument de mort fut presque achevé, un commissaire de police, accompagné d'agents se présenta un matin au domicile du menuisier, procéda à son arrestation et à la saisie de la machine. Le malheureux, conduit en prison, se donna la mort la nuit même dans son cachot.
Ces quelques exemples suffiront, je pense, pour donner une idée des moyens exécrables mis en œuvre à certaines époques par de méprisables agents pour faire du zèle, afin d'en tirer bénéfice.
L'opinion publique ne saurait trop flétrir les pro-
, ! i MEMOIRES DE CANLER
vocations quelles qu'elles soient, et la justice ne saurail être assez sévère pour en punir les auteurs; mais hélas ! en politique, il est souvent bien difficile pour ne pas dire impossible, «le découvrir la vérité vraie I