‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 10 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

continuait sa guerre haineuse contre le gouvernement, dont il signalait, chaque soir, les allures boiteuses. Il traitait également de suspects et d’ennemis tous les démocrates qui n’approuvaient pas exclusivement ses idées et qui ne partageaient pas ses passions. Aussi, la contre-révolution ne manquait pas d’exploiter les emportements insensés de ce club, pour inquiéter la France.

Cette excitation des esprits préoccupait fortement les hommes de l’hôtel de ville.

Moi aussi , je voyais avec douleur se multiplier des complications périlleuses. Il me répugnait de penser que peut-être bientôt la raison et la justice devraient recourir à la force.

J’invitai quelques amis dévoués, qui avaient pied dans la bourgeoisie, à lui faire comprendre combien elle avait intérêt au maintien de la paix ; qu’elle ne devait point obséder le pouvoir, ni le compromettre dans une politique rétrograde.

J’en causai avec M. Lamartine, qui vint me voir. Il me manifesta, à son tour, des craintes 6ur les intentions du peuple. Je lui répondis qu’il le trouverait toujours magnanime , tant qu’on ne trahirait point les promesses de fé-

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