‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 123 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

années de captivité à Doullens, et notre évasion commune de cette citadelle.

— N’est-il pas étrange, disais-je, que de deux républicains qui ont mangé assez longtemps ensemble les poids chiches de la détention et partagé les mêmes dangers, l’un vienne assiéger l’autre !

— Sous un drapeau semblable, pour lequel nous mourrions tous deux, ajouta-t-il, il ne peut y avoir un ennemi : c’est une méprise.

— Elle eût pu coûter cher, répondis-je, si nos camarades eussent été moins dévoués et moins sages.

II se retira alors, et rejoignit le général Bedeau.

Je descendis et rassemblai la garnison assiégée; la veille, elle était de douze à quinze cents hommes, mais elle avait été réduite, le i C au matin, à quatre cents hommes à pied et 60 à cheval.

Tous avaient l’air triste et silencieux, mais calme et résigné.

— Continuez, leur dis-je, à montrer que vous êtes dévoués au bien public et à l’ordre de la cité, et vos ennemis seront forcés de reconnaître la supériorité de vos sentiments.

Demain matin , vous quitterez ce poste,

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