‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 124 sur 209 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

que vous serez appelés à garder plus tard. Au nom de la république et des vertus qu’elle exige de ses véritables enfants, faisons-lui le sacrifice de notre amour-propre ; un jour viendra où les démocrates seront mieux appréciés.

Leur promesse solennelle de se conduire en bons citoyens, et un cri unanime de : « Vive la république démocratique ! » terminèrent cette soirée ; ils furent prendre quelque repos, et je fus en faire autant.

J’étais horriblement fatigué; au milieu de ces préoccupations successives, je m’étais traîné tant bien que mal sur ma jambe malade , mais je sentis alors que je serais bientôt condamné à l’inaction absolue.

Le lendemain, dès cinq heures du matin, toute la garde était rassemblée dans la cour, l’arme au bras et prête à défiler. Je voulus les voir encore une fois réunis.

L’adieu fut triste ; je ne puis rendre l’impression que j’éprouvai à mesure qu’ils passaient devant moi : il semblait qu’une partie de moi-même s’en allait avec eux.

J’eus un serrement de cœur inexprimable ; des larmes roulaient malgré moi dans mes yeux ; ce n’étaient point des soldats qui me quittaient : c’étaient des frères, des amis avec

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