‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 125 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

lesquels j’avais traversé des phases pénibles.

Ce fut un rude moment !

Je ne devais plus revoir bon nombre d’entre eux qui furent tués aux journées de juin !

Malgré les promesses solennelles de la commission exécutive, et l’assurance réitérée du général Bedeau, que les grades seraient, conservés aux officiers, plus des trois quarts reçurent leur destitution peu de jours après.

Il restait une autre corvée de ce genre à faire.

Il fallait inviter les montagnards licenciés à abandonner la caserne Saint-Victor , où ils étaient casernés et à se retirer — où ils pourraient !

La plupart étaient pères de famille et avaient perdu leur état. Le pouvoir exécutif, sachant leur position malheureuse, avait accordé qu’ils toucheraient encore leur solde pendant dix jours.

De ce côté-là, la république ne se ruinait pas.

J’envoyai Crevât auprès d’eux. Cet ami joignait l’esprit d’ordre à la fermeté du caractère : son patriotisme éprouvé l’avait fait accepter avec plaisir par les montagnards. Aussi, depuis qu’ils s’étaient épurés, en renvoyant quatre-

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