CHAPITRE XIV
vingts des leurs, avaient-ils repris la discipline d’un corps armé et une conduite irréprochable.
Lorsque mon émissaire arriva près de la caserne Saint-Victor, elle était cernée par la garde nationale, qui voulait expulser de force les montagnards, mais toutefois sans oser pénétrer dans l’intérieur.
Crevât revint, avec un officier de garde nationale, m’informer de ce qui se passait.
J’invitai cet officier à faire retirer la garde nationale et à laisser sortir librement les montagnards. Presque tous avaient leurs fusils depuis le 24 février, et voulaient les garder, sauf à les déposer dans leurs mairies, s’ils en recevaient l’ordre.
Il fut convenu que les montagnards sortiraient six par six, avec leurs armes, et sans qu’on les inquiétât.
Sur mon ordre écrit, les montagnards s’exécutèrent comme il avait été dit ; seulement, au lieu de leur assurer une retraite paisible, la garde nationale , qui stationnait dans les rues adjacentes, arracha les armes à plusieurs d’entre eux ; ils furent vexés et maltraités, queluns même arrêtés.
Ainsi a été dissoute cette garde de féroces montagnards qui, pendant près de trois mois, 2 u.