‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 134 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Au mois de mars le caissier ne toucha que 20,604 fr. 70 c.

Au mois d’avril 22,500

Au mois de mai , 22,500

Total de la recette. . . 65,604 fr. 70 c.

Le compte de dépense de fonds secrets s’éleva, pendant quatre-vingt-cinq jours, à. . 27,430 fr. 08 c.

Il restait donc, en excédant de recette, le 17 mai. . . . 58,174 fr. 62 c.

Je renvoyai à M. Lamartine 1,940 francs sur les 2,000 qu’il avait remis au citoyen Debray, pour le départ en Italie, Debray n’ayant pas réalisé ce voyage. Je joins ici la réponse de M. Lamartine, parce que je la crois honorable pour lui et pour moi.

« Citoyen,

u Je vous accuse réception de 1 ,940 francs que vous me renvoyez, non employés en secours de route aux Italiens rentrant dans leur patrie.

« Je les remets à M. Bastide, actuellement ministre, qui en fera l’usage déterminé.

« J’aurai un grand plaisir à vous revoir

CBAl’lTRË XV.

après cet orage, qui vous emporte contre mon gré, et je ne doute pas que votre caractère et vos talents ne vous rappellent au service de la république. Elle vous doit beaucoup selon moi. Je serai toujours votre témoin, comme je l’ai été hier, et votre ami, si vous voulez.

u Lamartine. »

Un dernier mot sur la préfecture.

Différents projets de simplification dans les rouages administratifs m’avaient été soumis; le temps m’a manqué pour les mettre à exécution.

En général, les bureaux de la préfecture, vu l’état actuel des choses, sont bien organisés; mais bon nombre d’actes subissent encore des lenteurs interminables. Certains actes reviennent trop souvent à la signature du préfet.

Aussi, étais-je obligé tous les jours de donner des signatures pendant trois ou quatre heures, ce qui me dévorait un temps précieux.

Les archives et les dossiers judiciaires sont tenus dans un ordre merveilleux. La police municipale est bien faite ; cependant la voirie a besoin d’une attention spéciale et continuelle. Les marchés, la boulangerie et tout ce qui concerne les subsistances, doivent être l’objet d’une sollicitude constante.

IIEIXIÈME PARTIE.

Le frelatage des vins, du lait et autres denrées se fait trop facilement : de bons inspecteurs sont indispensables.

La présidence du conseil de salubrité, qui est dévolue au préfet de police, doit être prise par lui en haute considération. J’ai vivement regretté que des affaires pressantes m’aient, empêché d’assister plus souvent au conseil de salubrité.

J’y avais fait reconnaître l’excellence d’un sable de rivière pour le pavage des rues de Paris. On se plaint avec raison de la boue noire qui, à la moindre pluie, rend les rues malpropres. Cela provient de ce que les entrepreneurs fournissent un sable vaseux, qui remonte à la surface en temps de pluie et se transforme en boue. L’échantillon de ce sable, reconnu supérieur, fut porté à la ville. Je n’en entendis plus parler. Si j’insiste sur ce point, c’est que je crois qu’il serait facile de remédier à la malpropreté de la ville.

Je me proposais aussi de faire mettre à exécution un moyen de désinfection réel, pour supprimer les abominables odeurs riocturnes qui infectent la ville.

Le grand problème dans les projets d’améliorations , c’est d’éviter l’augmentation des

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dépenses ; il est fort difficile de faire adopter par le conseil une mesure qui tendrait à grever le budget.

Les projets ne manquent point. Chaque ' jour on vient vous en proposer, qui malheureusement ne se prêtent guère à l’application.

Il faut qu’un préfet de police donne souvent des audiences. En voyant beaucoup de monde, il se tient au courant de l’opinion publique et apprend la vérité beaucoup mieux que par son entourage ; il acquiert ainsi un esprit d’observation, qui l’aide à démêler la véracité des faits et leur importance.

Il doit, s’il n’en a pas le loisir, faire suivre avec attention, par un secrétaire intelligent, les nombreux rapports qu’on lui adresse de tous côtés. La masse de ces rapports est presque toujours insignifiante; mais, si l’on en néglige un seul, il peut arriver qu’il se trouve être le plus utile à connaître. Voici un fait à l’appui de mon dire :

En 1835, lors de l’attentat Fiescbi , une lettre de mauvaise apparence fut jetée comme indigne d’être vue par le préfet. Cette lettre était de Boireau, complice de Fieschi. Il indiquait les personnes, les moyens dont on devait se servir, et la maison où était apposée la 2 15 .

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