‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 146 sur 209 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

café du quai d’Orsay. Là, il eut l’imprudence de raconter à quelques gardes nationaux l’invasion de l’Assemblée et du ministère. Ceux-ci, qui ne partageaient point ses idées, le conduisirent au poste voisin, où il resta prisonnier.

Un peu plus tard, il fut relégué dans une chambre et gardé à vue par deux dragons qui avaient l’ordre de lui brûler la cervelle, si on faisait du dehors des tentatives pour le délivrer. C’était le colonel des dragons qui avait donné cette odieuse consigne.

Je n’appris que dans la soirée les détails de cette arrestation, et je répondis :

— Puisqu’il s’est laissé prendre, qu’il y reste...

Le mot est dur, mais j’étais furieux de tout ce qui arrivait. Les démocrates venaient de prêter le flanc à la répression. Il fallait agir comme magistrat ou se retirer immédiatement.

Le même soir, la maison Sobrier fut désignée à la garde nationale de Montmartre entre autres, comme un repaire de brigands. Les gardes nationaux s’y précipitèrent en masse, et firent, selon l’expression de M. Bavoux, le sac de la maison. Toutes les portes furent enfoncées ; les tiroirs de bureaux et de commode forcés ; quelques centaines de francs qui s’y

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