‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 150 sur 209 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Que de plaisanteries n’a-t-on pas lancées sur les cornes dorées des bœufs traînant le char de la Liberté !

Que de choses absurdes n’a-t-on pas écrites au sujet des 500 jeunes filles du peuple, inaugurant le triomphe de la révolution !

Ah ! si à une autre époque, on eût choisi 500 héritières aristocratiques et bourgeoises pour assister à quelques mariages princiers, on aurait trouvé l’invention admirable, et tout le personnel digne et bien choisi. Mais des filles du peuple pour orner une fête, c’était par trop présomptueux !

Le ministère de l’intérieur ne s’était nullement immiscé dans le choix de ces jeunes filles. Les délégués des ouvriers du Luxembourg ont eu seuls le droit de former la liste. Ainsi tombent naturellement toutes les inductions malveillantes émises à ce sujet.

A toutes les époques, excepté aussi dans la première révolution, il n’y avait de fête possible qu’à l’aide de nombreuses escouades de sergents de ville et de garde municipale ; mais dans cette fête populaire, à laquelle 600 mille personnes ont pris part, le peuple lui-même, avec les délégués de juillet et des combattants de février, sufiit à protéger le bon ordre.

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