‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 156 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

tion des citoyens Dupont (de l’Eure), Cavaignac, Marrast, Bastide et autres, pour des colleges de département , Paris avait onze nouveaux députés à nommer. Le jour de cette réélection était fixé au 5 juin.

Le même mouvement qui s’était produit aux élections d’avril agitait une seconde fois la capitale. Les clubs était en permanence pour entendre la profession de foi de chaque candidat. Des millions de bulletins de listes étaient répandus partout.

Pendant quelques jours, ce furent des allées et venues sans nombre. Les organes de la presse avaient dressé des listes de leurs candidats, et les recommandaient chaleureusement.

Sollicité par de nombreux amis de chercher à reconquérir ma place de représentant à l’Assemblée, je m’étais mis sur les rangs. Je venais de faire paraître une brochure explicative de ma gestion et de la part que j’avais prise aux événements du 15 mai. Cette brochure avait produit un bon effet.

La mairie de l’hôtel de ville appuyait hardiment ses candidats, et n’omit aucun moyen pour les faire réussir, en même temps qu’elle combattait de toutes ses forces l’élection des candidats qui lui étaient hostiles. Ainsi, d’une

CH APITKE XVIII.

part , elle apposait son sceau sur les listes pour influencer les électeurs, et d’un autre côté on avait précipité le vote des gardes mobiles, après leur avoir distribué des listes dans les casernes.

Dans différentes mairies on ajournait les ouvriers qui venaient réclamer leur inscription sur les listes électorales.

Lorsqu’ils présentaient un livret des ateliers nationaux, il ne valait rien ; si c’était leur livret de profession, il était trop vieux.

On les renvoyait constamment, pour les lasser et les empêcher ainsi de voter.

Le préfet de police, M. Trouvé-Chauvel, écrivait le 51 mai au maire de Paris, de donner ordre à la garde républicaine de se faire inscrire homme par homme, dans les mairies, attendu qu’elle ne pouvait plus être inscrite collectivement comme la fois précédente.

Il s’étayait de la dissolution de cette garde, qui avait été prorogée au 10 juin.

Cependant j’avais reçu, de différents clubs, des lettres qui m’invitaient à venir exposer ma conduite administrative et mes principes politiques.

Depuis ma sortie de la préfecture, j’avais été contraint, par suite de la fatigue excessive

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