‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 43 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

m’a prié de faire surveiller exactement les hommes suspects.

« Cela regarde Caussidiere , ai-je répondu , et il n’y manquera pas.

« 3 mai 1818.

« Salut, fraternité,

« Landrih. »

En me rendant compte du résultat de sa démarche, M. Bertoglio m’affirma avoir vu, parmi ceux qui gardaient Blanqui , le sieur Dormes, chef de montagnards. Le soir même, dès que celui-ci fut rentré à la préfecture, j’envoyai cinq hommes pour l’arrêter. Il ameuta les siens, qui ne voulurent point le laisser prendre, coururent aux armes et menacèrent de tout mettre à feu et à sang, et de faire sauter la préfecture. La partie saine des montagnards saisit aussi ses armes, et une lutte sanglante allait s’engager, lorsque je fus averti de ce qui se passait.

Il était onze heures du soir. Les insurgés s’étaient retranchés au fond d’une cour obscure. J’écartai tous les miens, et, haletant d’indignation, je descendis seul au milieu de la révolte :

— Je sais que vous conspirez contre moi ,

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