CHAPITRE I
caines étaient souvent un sujet de critique et d’antipathie.
Je redoublai de soins et d’activité, afin de ne laisser aucune prise à la malveillance.
La république, en effet, était déjà vivement menacée. De toutes parts, mes agents me dénonçaient l’espoir avoué par le parti royaliste de tourner les élections à son profit. On colportait les contes les plus absurdes sur les candidats patriotes. De nombreuses lettres de province m’entretenaient aussi des menées réactionnaires. Les membres du gouvernement provisoire n’étaient point épargnes. On les peignait comme des buveurs de sang et des provocateurs de pillage, bien que leur conduite ne prêtât point à de semblables accusations.
Calomniez, il en restera toujours quelque chose. Ainsi, dans les campagnes, on disait que Ledru-Rollin puisait à millions..., on n’indiquait pas dans quelle caisse; qu’il passait ses nuits en orgies avec des filles déhontées, telles que u la Marie » et « la Martine, » (ces deux noms au féminin). On ajoutait alors qu’il fallait nommer des représentants de la vieille roche, qui empêcheraient le partage des biens.
Ce n’est pas de la tête des vrais démocrates qu’était sortie cette utopie du partage des