CHAPITRE VI
avec sa bordure de grands arbres, déjà pailletés des premières feuilles tendres du printemps. Aussi loin que la vue pouvait s'étendre, de la barrière de l’Étoile aux Tuileries, on ne découvrait que des fusils et des hommes armés, brillant au milieu d’une foule compacte et mouvante ; des masses innombrables s’avançant vers l’Arc de Triomphe , défilant avec ordre et se séparant en deux gerbes , à droite et à gauche, après avoir salué la république et ses représentants; les arbres, chargés d’hommes et d’enfants qui s’y étaient improvisé des loges et des tribunes ; une foret capricieuse de bouquets, de branches d’arbres, de lilas, de rubans, agités à la pointe des baïonnettes ; un mouvement plein de vie et sans tumulte ; des blouses et des habits de toutes couleurs, mêlés aux uniformes; des costumes de toute sorte, parmi les citoyens armés ou sans armes ; des enfants, des femmes, toute la population de toutes les classes, s’agitant avec enthousiasme et criant : «Vive la république ! » C’était, pour ainsi dire, une revue de la capitale entière, une revue en masse du peuple français acclamant la révolution.
Le Moniteur raconte, entre autres, quelques épisodes qui furent très-remarqués :