CHAPITRE I
naires, qui n’avaient osé bouger pendant le mois de mars, relevaient la tête. Ils aigrissaient follement, par des propos injurieux, les hommes qui, après février, avaient oublié le passé et n’avaient eu qu’un désir : fonder en commun une grande famille nationale.
Aussi quelques clubs, et notamment celui de Blanqui, accusaient de trahison le gouvernement provisoire, et demandaient le renvoi des élections, afin d’avoir le temps d’éclairer le peuple sur ses véritables intérêts et sur le choix de mandataires qui lui fussent véritablement dévoués.
L’ajournement des élections a été une grande faute. Ceux qui poussèrent au délai d’un mois ne songèrent point qu’ils perdraient en avril l’effet produit par février, chaque révolution entraînant sa tentative de réaction.
II est évident que si les élections avaient eu lieu le 25 mars, elles eussent amené à l’Assemblée plus de candidats démocrates. Ce retard d’un mois fut insuffisant pour instruire le peuple, qui négligea de voter dans la capitale, tandis que ses ennemis vigilants rassemblèrent toutes leurs voix, et qui se laissa circonvenir en province par les harangues hypocrites des royalistes de la veille et du lendemain...