‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 8 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

La crédulité et la légèreté du peuple, non moins que son insouciance pour la conduite morale de ses affaires, sont, le plus souvent, les causes de sa perte.

Puis, il prend en haine et mépris ses gouvernants ; il songe à la révolte; le pays en souffre; rien ne se conclut; tout est à recommencer.

Les hommes du privilège disent : De quoi le peuple se plaint-il? N’a-t-il pas le suffrage universel ? N’est-il point libre de choisir ses mandataires? Et si nous sommes à l’Assemblée nationale, c’est parce que nous représentons véritablement ses intérêts.

Ce raisonnement spécieux peut être détruit facilement, mais il n’en est pas moins dangereux ; car on s’en sert pour abuser la partie flottante et inintelligente de la nation.

Ainsi, les administrations et l’armée peuvent être facilement circonvenues par leurs chefs ; les fabricants, les directeurs d’ateliers, peuvent influencer le vote naturel de leurs subordonnés, par des menaces de renvoi. Les prêtres de l'Église peuvent égarer ceux qu’ils sont chargés de conduire dans la bonne voie.

La supercherie des uns , la peur et l’aveuglement des autres , viennent fausser de la sorte la sincérité des élections.

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