‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 79 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Ce souvenir en évoque un autre : A ce même dîner, chez Crémieux, on parla beaucoup des journées de février. Étienne Arago rappela au général Lamoricière l’affafre du Palais-Royal. Le général convint qu’il s’était trouvé là dans une position critique, et que, sans Étienne Arago, on lui eût fait un mauvais parti. On discuta beaucoup sur les chances de cette journée, et M. Lamoricière dit :

— Les choses n’auraient point tourné de cette manière, si je n’avais rencontré tant d’hésitation à la cour.

II raconta alors que le 24, vers onze heures du matin, il s’était rendu auprès du roi pour y prendre des ordres. Sa Majesté paraissait abattue et le renvoya au duc de Nemours. Le futur régent, plus indécis et plus effrayé que le roi, ne voulut adopter aucunes mesures extraordinaires.

C’est ce manque de direction qui avait paralysé le zèle du général.

— Tout le zèle du monde n’y aurait rien fait, objecta Albert, tout était préparé pour un succès certain. Les sociétés secrètes avaient remué la population militante de Paris. Après le massacre des Capucines, tous les insurgés étaient déterminés à vaincre ou à mourir. Les

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