DEUXIÈME PARTIE
tures. Si la fête avait été donnée le 14, il est probable que nous n’eussions pas eu la journée du 15. La population entière, réunie au Champ de Mars, aurait défilé aux cris de : «Vive la Pologne ! » ainsi qu’on en était convenu entre grand nombre de citoyens. Une manifestation si unanime, en indiquant à l’Assemblée le sentiment populaire, l’aurait obligée à faire droit aux pétitions précédentes et aurait prévenu ainsi toute démonstration ultérieure.
Cette fête alors aurait été une journée de concorde. Elle eût rallié tous les citoyens dans une pensée commune et empêché pour longtemps des tentatives périlleuses.
Il ne dépend pas des gouvernements de comprimer les élans généreux des peuples. La France avait pris fait et cause pour la Pologne et devait avoir satisfaction.
Quelques clubs mécontents résolurent donc de se mêler à la manifestation projetée pour le lundi, mais avec des intentions toutes pacifiques. Huber, qu’on regarde comme un des principaux auteurs de cette journée, fit insérer dans les journaux la lettre suivante :
« Citoyen rédacteur,
« Un bruit faux, mensonger, n’ayant d’autre