‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 95 sur 209 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Je tins conseil avec plusieurs employés de la prélecture : il fut décidé qu’aucun placard ne serait affiché, afin de ne pas compromettre la valeur de ces avis au peuple, qu’on doit ménager pour les circonstances importantes. Je ne pouvais deviner alors la gravité des événements du lendemain.

Mais, le matin du 15, d’après de nouveaux renseignements, j’écrivis la lettre suivante au président de l’Assemblée nationale, pour l’informer de ce qui se passait. Deux lettres dans le même sens furent également adressées, l’une à la commission exécutive, l’autre au général Courtais :

« Citoyen président,

« Il y a ce malin réunion d’un grand nombre de citoyens qui se proposent de se porter à la chambre pour manifester leurs sympathies en faveur de la Pologne, et provoquer une décision de la part de l’Assemblée.

« Cette manifestation sera faite sans armes, et il n’y a de troubles à craindre que de la part de quelques membres du club Blanqui, dont la réunion a lieu en ce moment au boulevard du Temple, et qui seront, dit-on, armés 'de pistolets, qu’ils tiendront cachés.

DEUXIÈME l’AKTIfc.

« Je prends mes mesures en conséquence, et si je puis me rendre à la chambre, je vous tiendrai verbalement au courant de tout ce qui se passera.

« Salut et fraternité.

« Le préfet de police .

« P. S. Dix heures un quart. — J'apprends à l’instant que, nonobstant toutes les prévisions, plusieurs citoyens, dont le nombre peut grossir, se rendent en armes aux divers lieux de réunion; ceux-ci seront soumis plus spécialement à une surveillance active. i>

J’invitai le chef de la police municipale à fournir des gardiens en nombre suffisant aux commissaires de police Bertoglio et Dousseaux, en leur recommandant d’empèchcr les niasses d’avancer jusqu’au péristyle de l’Assemblée.

Une filature d’agents inostensibles fut établie depuis le boulevard jusqu’au pont de la Concorde, pour correspondre avec les autres et avertir le président Bûchez des mouvements de la colonne.

En même temps, je songeai à rassembler les montagnards et la garde républicaine.

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