CHAPITRE XII
mission exécutive ; mais mon indisposition me força de répondre :
« La luxation qui me retient au lit depuis trois jours ne me permet pas de me rendre près de vous ; si cependant vous jugiez ma présence indispensable, j’attends vos ordres, et je me ferai transporter au petit Luxembourg pour assister à vos délibérations. >*
J’attendis des ordres ; on ne m’en envoya point.
Seulement, sur les deux heures, le citoyen Panisse, chef de la division de la police générale au ministère de l’intérieur, m’apporta un ordre de la commission exécutive, adressé au ministre de l’intérieur, pour opérer des arrestations.
Le mandat était ainsi conçu :
Citoyen ministre,
« La commission du pouvoir exécutif vous invite à prendre sur-le-champ les mesures suivantes :
« Faire offrir aux ouvriers des ateliers nationaux, âgés de 18 à 25 ans et non mariés,
DEUXIÈME PAHTIE.
un engagement dans l'armée, et renvoyer tous ceux qui refuseraient de s’engager;
« Prescrire aux maires des arrondissements de Paris la plus grande sévérité dans l’accomplissement des formalités exigées pour l’inscription sur les contrôles des ateliers nationaux ;
« Faire arrêter sur-le-champ les individus les plus notoirement compromis dans les complots organisés pour renverser l’Assemblée nationale et le gouvernement.
« Salut et fraternité.
« Garnier-Pagès, F. Arago.
« Paris, iü mai 1848. »
C’est alors que j’envoyai mon secrétaire général pour avoir des prescriptions plus explicites. Le ministre Rccurt était en train de dicter un nouvel ordre, lorsque ses bureaux furent envahis, et il fit lacérer la pièce commencée. Dans le cours de la journée, divers rapports m’étaient parvenus successivement.
La manifestation , forte d’environ cent cinquante mille citoyens, arrivée au pont de la Concorde, en avait forcé le passage, gardé par