CHAPITRE XII
un détachement de garde nationale. L’enthousiasme que cette immense colonne avait rencontré le long de sa route, l’ardeur du soleil, l’absence de nourriture depuis huit heures du matin, l’électricité qui circule dans les foules, les cris patriotiques, tout cela avait augmenté l’excitation générale, lorsque vers deux heures, les premiers groupes se présentèrent aux portes du palais de l’Assemblée.
Il n’y avait, d’ailleurs, aucun projet bien arreté. On comptait près de cent corporations différentes, avec leurs bannières particulières et leurs chefs, qui tous avaient la prétention de conduire leur monde et défaire à leur guise, selon les chances du moment; mais, au fond, ils voulaient surtout donner une impulsion démocratique à la chambre, qui avait déjà trahi ses tendances réactionnaires.
Une centaine d’hommes, au plus, entra d’abord dans la cour pour présenter la pétition ; mais les nombreuses corporations agglomérées à l’autre extrémité de la colonne essayaient aussi d’arriver à la chambre, ou du moins de s’en rapprocher. C’est ce qui occasionna cette presse compacte qui, de minute en minute, se refoulait aux abords de la porte principale.