II. U
«46 MÉMUIKËS UE CAUSSlUIEKb.
« V'oulez-vous donc m’accorder l’ordonnance de celle Iroupe qui a fail jusqu’ici un excellenl service? (Mouvemenls divers.) »
Alors, sur une inlerpellation du citoyen Baveux, à l’égard de la maison de la rue de Rivoli, je dus dire que M. de Lamartine avait donné l’ordre, |)ar écrit , de délivrer des armes à Sobrier.
Pendant que cela se passait à l’Assemblée, la Préfecture de police était cernée par une immense quantité de garde nationale et de garde mobile. Deux pièces de canon étaient braquées en face de l’entrée principale. Je montai à la tribune pour en demander explication. Le général Bedeau prétendit qu’on m’avait trompé : il arrivait de la Préfecture, et n’avait point vu de canons.
Au même instant, je fus informé que la commission exécutive m’attendait au petit Luxembourg.
Comme je traversais la salle des pas-perdus, j’aperçus le colonel Mercier, accompagné de quelques gardes républicains, dont plusieurs représentants admiraient la bonne tenue.
Le colonel Mercier se plaignait de ce qu’on venait d’envoyer de la garde nationale contre la garde républicaine, alhi de pousser celle-ci à quelque acte l'âcheux.
CUAPIÏRK XIV.
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— Ce n’est [loint à la garde républicaine qu’on en veut, lui aurait répondu M. la Rochejaquelein, c’est à ces affreux Montagnards, avec leurs cravates et leurs ceintures rouges.
Ce qu’il y a d’étonnaut dans ce propos de M. la Rochejaquelein, c’est qu’il était peu en rapport avec sa conduite précédente ; on m’avait signalé M. Larochejaquelein comme ayant des rapports avec plusieurs Montagnards. Il les avait visités à la caserne Tournon, et avait remis à l’un d’eux, le nommé Chapuis, des autographes de Louis-Philippe.
Je ne prétends point incriminer M. laRocliejaquelein, le seul des représentants légitimistes qui m’ait témoigné de la sympathie. Peut-être voyaitil les Montagnards pour faire aussi, lui, l’office de paratonnerre.
Je m’approchai des représentants qui entouraient les gardes républicains, et je leur dis ;
« Voilà les hommes qu’on calomnie et qu’on accuse de troubler la République; causez avec eux, et vous les ti ouvercz aussi intelligents que bons patriotes. »
En même temps. Mercier me confirma que la Prélecture était cernée ; que M. Recurt était venu sur les lieux, et avait demandé si l’on avait
<4K MEMOIRES DE CAtSSIDIEKE.
du canon pour forcer l’entrée. On lui avait répondu que oui.
En effet, deux pièces masquées par une palissade, en avant du quai, faisaient face à la porte.
La garde nationale, qui les aperçut enveloppées d'artilleurs, craignit une méprise ; et, se voyant entre deux feux, elle démasqua les batleries, qu’on retira au bout d’un instant.
Mercier ajouta que le général Lllémeut Thomas était venu aussi pour faire relever les postes, mais que la garde avait répondu qu’elle ne les abandon* nerait que sur un ordre de ma part . On en était resté là.
Ce rapport me convainquit du mauvais voiiloir de la Commission. On voulait exciter la garde républicaine à se mettre dans sou tort, et enlever Te dernier poste occupé par les démocrates.
Mon parti fut bientôt pris.
Arrivé en présence de la commission, ce fut au tour de M. Lamartine à récriminer.
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« Vous m’accusez, me dit-il, moi qui vous ai défendu! ■
— Je ne vous ai point accusé, répondis-je, j’ai simplement raconté les faits : vous ne voulez rien
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organiser, et vous me faites assiéger! >»