‹ Mémoires de CaussidièreChapitre 103 sur 142 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

lâr.

assiéger quatre ceuls hommes auxquels il suilit d’un ordre pour rentrer paisiblement dans leurs casernes. C’est à u’y plus rien comprendre.

«Vous avez pu voir qu’ils ont fraternisé toute la soirée avec la garde nationale; demain matin, vous les ferez relever, et tout sera dit.

Le lieutenant-colonel et le commandant Murisset confirmèrent mon dire, et les deux généraux acceptèrent une transaction qui sauvegardait l’honneur de ma troupe.

Un poste de cent gardes nationaux fut donc ajouté au service. Quelques milliers de gardes mobiles stationnèrent à distance de la Préfecture, et MM. Thomas et Bedeau bivouaquèrent avec eux toute la nuit.

J’étais à dîner, lorsque le général Clément Thomas revint me dire qu’il n’avait trouvé personne à la commission pour y faire part des résolutions prises en commun, mais qu’il pensait qu’elles seraient approuvées.

Il était exténué de fatigue et de besoin, et partagea notre repas. Je lui rappelai alors nos années de captivité à Doullens, et notre évasion commune de cette citadelle.

« N’est-il pas étrange , disais-ji* , que de deux

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répiililioains qui ont mangé assez longtemps en* semble les pois chiches de la détention et partagé les mômes dangers, l’un vienne assiéger l’autre !

— Sous un drapeau semblable, pour lequel nous mourrions tous deux, ajouta-t-il, il ne peut y avoir un ennemi : c’est une méprise.

— Elle eût pu coûter cher, répondis-je, si nos camarades eussent été moins dévoués et moins sages. »

Tl se retira alors, et rejoignit le général Bedeau .

Je descendis, et rassemblai la garnison assiégée ; la veille, elle était de douze à quinze cents hommes, mais elle avait été réduite, le 16 au matin, à quatre cents hommes à pied et 60 à cheval.

Tous avaient l’air triste et silencieux, mais calme et résigné.

€ Continuez, leur dis-je, à montrer que vous êtes dévoués au bien public et à l’ordre de la cité, et vos ennemis seront forcés de reconnaître la supériorité de vos sentiments.

« Demain matin, vous quitterezce poste, que vous serez appelés à garder plus tard. Au nom de la République et des vertus qu’elle exige de ses véri- •^ables enfants, faisons-lui le sacrifice de notre

CA APITRK XIV.

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