CHAPITRE XVn
Et que les ouvriers occupés enlèvent ainsi un salaire qui pourrait se partager entre un plus grand nombre de travailleurs. Ils critiquaient encore le travail excessif comme étant un obstacle à leur éducation et au développement intellectuel du Peuple.
On connaît l’histoire du Luxembourg, où les ouvriers montrèrent tant de raison et de calme, Louis Blanc et Albert tant de dévouement. Outre les services qu’elle a rendus dans cette période révolutionnaire, la Commission du Luxembourg a eu l’honneur d’inaugurer la question sociale et de préciser fermement le caractère de la nouvelle République.
Presque en même temps, le Gouvernement provisoire décrétait les ateliers nationaux, peut-être comme un contre-poids au Luxembourg.
C’est M. Marie, en sa qualité de ministre des travaux publics, qui organisa les ateliers nationaux. C'est lui aussi qui, comme m^bre de la Commission exécutive, en a provoqué la dispersion. Car la plupart de ces hommes se sont empressés de défaire eux-mêmes le peu qu’ils avaient fait sous le commandement populaire.
I>ps mesures de finances, si incomplètes et si
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limidcs, parfois si contrairos au sentimenl déinocralique ou aux destinées de la révolution, provoquaient surtout les discussions les plus vives.
C’était la Banque dont M. Garnier-Pagès défendait l’existence et qu’il favorisa par plusieurs décrets. C’étaient les forêts de l’Etat que le ministre des finances voulait vendre ou raser, sans souci du déboisement de la France. C’était l’impôt sur la consommation des pauvres, les droits d’octroi sur le vin ou sur là viande, dont la majorité du Gouvernement exigeait le maintien. C’était enfin le funeste impôt des 45 centimes, qui devait aliéner à la République la population des campagnes.
Louis Blanc, Albert, et Dupont (de l’Eure) protestèrent seuls contre cette charge exorbitante, imposée aux pauvres comme aux riches, aux petits comme aux grands. Ils demandaient, au moins, la fixation d’une limite, au-dessous de laquelle l’impôt ne fût pas appliqué. M. Garnier- Pagès répondait, qu’en pratique, on ne ferait pas payer les pauvres, mais qu’il ne fallait pas épouvanter les riches.
Une des préoccupations principales du Gouvernement était encore la force militaire. Il regrettait que l’armée ne fût plus sous sa main, mais il fiat-