CHAPITRE II
Visite au Gouvernement provisoire. — Le sal>re à la corde rouge et la casquette de bataille. — Le perron de l’Hôtel de ville. — La ruche d’abeilles. — Foule turbulente. — Un assaut. — De.< coudes et des épaules. — La bagarre. — La tour de Babel. — Le préfet de police volé. — Partage en bons frères. — Rigueur de la consigne. — Ledru-Rollin repoussé. — Les ouvriers du Moniteur. — Le tapis vert. — Le général Thiars, &1M. Recurt et Plottard. — La table gouvernementale. — Tas de papiers. — Le parti modéré et le parti démocrate. — Garnier-Pagès et Flocon. — Discussions sans fin. — Flocon succombe à la peine. — On n’est possible qu’avec les siens. — Albert veut donner sa démission. — Grands airs de supériorité. —L’amour de la phrase.
— Que veut-on faire de moi? — Cinq cents élèves de Saint-Cyr.
— Du pain et du vin. — Celui qui apporte est toujours bienvenn. — Le chaos dans la nie et dans le Conseil. — La gauche do Gouvernement.— Voilà le préfet! — Hum ! quelle tournure !
— Cinq pieds dii pouces. — Du linge blanc. — Dignité magistrale.
Pendant que je m’orientais de mon mieux dans ce dédale d’afifaires de toute sorte, je ne recevais que des nouvelles indirectes de ce qui se passait
S6 MÉMOIRES DE CAUSSIDIERE.
au Gouvernement provisoire, siégeant à l’Hôtel de ville.
Je résolus donc, dans la soirée du 26 février, d’aller lui rendre visite, afin de me renseigner sur diverses choses; et je me mis en route avec une patrouille de vingt hommes.
Je n’avais pas eu le temps de changer de vêtement, et n’àvais point quitté le sabre à la corde rouge, ni les pistolets de ma ceinture, ni la casquette de bataille.
Nous arrivâmes jusqu’au perron de l’Hôtel de ville, à travers une quantité de postes, dont les qui-vive et les demandes de mots d’ordre se croisaient incessamment.
On ne pouvait guère mieux comparer le seuil de l’Hôtel de ville qu’à l’entrée d’une ruche d’aheilles.
Une foule armée et turbulente couvrait le perron. Ceux qui étaient sous le péristyle en gardaient invinciblement la porte, et repoussaient la foula encombrée sur l’escalier.
U tallait, pour pénétrer dans l’intérieur, livrer un assaut, et jouer des épaules et des coudes, de manière à y laisser une partie de ses membres.
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