‹ Mémoires de CaussidièreChapitre 66 sur 142 · CHAPITRE I. r · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. r

intentions du peuple. Je lui répondis qu’il le trou> verait toujours magnanime, tant qu’on ne trahirait point les promesses de Février; et que j’espérais bien, à l’aide de mes amis, empêcher le peuple de se donner les premiers torts.

Je dois dire que je l’engageai avec instances à se rallier sincèrement à la minorité démocratique du Gouvernement provisoire, afin d’établir un équilibre si nécessaire au succès de la révolution.

Il me répondit qu’il y réfléchirait.

Nous nous trouvions fréquemment d’accord, M. Lamartine et moi , sur les questions d’ordre et d’intérêt général, quoique nos principes ne fussent pas les mêmes; car il semblait redouter l’afiranchissement des travailleurs, tandis que je voulais, dans toute l’extension praticable, l’abolition du prolétariat.

Il est peu d’hommes pratiques qui aient fait une étude sérieuse des questions sociales agitées aujourd’hui dans la classe ouvrière. Les problèmes les plus neufs sont souvent discutés à fond par des ouvriers , avec une force logique qui , sans aucun doute , ferait défaut à la plupart de nos hommes d’Ëtat.

Je ne crains pas de dire que c’est un jugement

U MÉMOIRES De GA.USSIDIEBE.

trop superficie) qui condamue ou ajourae impru- (leounept tant de mesures impérieuses.

Je prérins aussi le raiipstre de l’ÛDtérienr des murmures du peuple contre les homm^ de réao tion, et de l’excenlrieité du club Blanqui, en! lui témoq^nant que je voyais là un grand dtingeÉ p4ur l’ordre.

J’avais reçu, le matin, la vmite d’un ami de Blanqui, le nommé Flotte, dont le plus grand dé* faut est d’avoir le caractère aigri par les souffrances de plusieurs années de détention.. Il me dit que Blanqui était d’accord avec M. Lamartine; qu’il l’avait vu plusieurs fois, et que si Ledru* Roiiin voulait, Blanqui irait le visiter!...

Pourquoi voulez*vous que j’aie une entrevue avec Blanqui? me dit Ledru-RoUin.

• — Parce que ses intentions sont peut-être moins mauvaises qu’on ne les suppose : quitte à le traiter en ennemi, s’il n’explique pas sa conduite.

— C’est un homme qui a une poche à fiel à la place du cœur, me répondit Leüru-Rollin , et si je le recevais , il irait partout se vanter de m’avoir imposé ses volontés. N’eu parlons plus. »

Je n’insistai point, d’autant plus que je partageais l’opinion deM. Ledru, devant laquelle j’eusse

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