‹ Mémoires de CaussidièreChapitre 96 sur 142 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

IM

< La commission du pouvoir exécutif invite le citoyen Caussidiere à se rendre immédiatement au petit Luxembourg.

« Onze heures cinquante minutes du soir.

« Le secrétaire de la commission du pouvoir exécutif,

« Pagnerre. »

Le colonel de la garde républicaine avait reçu la même invitation.

Le capitaine Bertrand, auquel je démontrai que j’étais dans l’impossibilifé physique de me déplacer, me répondit qu’il y avait urgence.

Je dus alors obtempérer à ce qui me semblait un ordre péremptoire, quoique déguisé.

Pendant ce temps-là, le bruit se répandit, parmi la garde républicaine, que l’on venait pour m’arrêter. Divers fonctionnaires avaient été conduits à Vincennes, disait-on, et plusieurs régiments occupaient les derrières du Luxembourg. La cqntrerévglution était faite.

J’eus à câliner mes hommes, et je leur dis que, quelles que fussent les intentions de la Commission, il était de mon devoir, malgré mon état de souffrance, d’obéir au Gouvernement.

— Je n’ai rien à craindre, ajoutai-je, et je serai bientôt de retour. »

Ils ne parurent qu’à demi-convaincus , et déclarèrent que, si dans une heure je n’étais pas revenu, ils iraient eux-mêmes savoir de mes nouvelles!...

Je partis en voiture avec le colonel Mercier, et suivi d’une escorte de quelques gardes à cheval.

Chemin faisant , Mercier remarqua combien je souffrais et me proposa de se rendre seul au Luxembourg; je refusai son offre et nous arrivâmes dans la cour, qui était occupée par la garde nationale et la troupe de ligne.

Ces troupes de ligne demeuraient dans Paris, malgré la promesse formelle du Gouvernement provisoire de les éloigner après la revue du 20 avril. On les avait cependant gardées deux ou trois jours, sous prétexte qu’elles devaient fraterniser avec la garde nationale; puis, elles avaient été définitivement conservées, sur l’insistance particulière de MM. Lamartine, Garnier-Pagès et Arago.

Aussi les clubs accusaient-ils le Gouvernement de violer toutes ses promesses, et de songer, comme les monarchies, à faire massacrer le peuple par les soldats.

Les salles du Luxembourg étaient encombrées

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