‹ Mémoires de Céleste MogadorChapitre 3 sur 26 · MÉ.MOIUKS · texte numérisé non relu

MÉ.MOIUKS

en vers. Malheureusement, il dansait mieux qu'il ne chantait. En me rappelant ces vers, je m'aperçois qu'ils sont trop en désaccord avec la mesure pour que j'ose les reproduire ici.

Dans ces vers, .M. Brididi parlait comme parlent tous les amoureux. 11 me reprochait de ne pas l'aimer autant qu'il m'aimait, et finissait par un trait qui, je l'avoue, me parut alors charmant, il me disait que j'étais pour lui ce qu'était Lise à Béranger.

Mon service à l'Hippodrome m'éloignadu monde où je l'avais rencontré. Je fis comme Lise, je lus infidèle à l'amitié; mais je lui ai toujours gardé un bonsouvenir.

Enfin le grand jour arriva ; mon professeur était content de moi. Je devais, le jour d'ouverture, paraître dans trois exercices.

Le premier était une promenade au pas, qu'on appelait la marche; le second, une course de vitesse ; le troisième, une chasse au cerf.

Ceux qui ont assisté à l'ouverture de l'Hippodrome |)ourront encore se souvenir que ce fut là la partie comique de la représentation.

J'enirai dans l'arène première d'une colonne de quatre chevaux. J'avais un costume à la juive, coiiiiiu' tniiies les écuvèies. J'entendais circuler mon iioni :

— OÙ est Mogador ?

— Oh ! voilà Mogador !

Je crus qu'on allait me siffler ou me dire des choses désagréables, car chacun taisait ses réflexions tout haut.

11 y avait bien huit mille personnes. On était les uns sur les autres; c'était un coup d'œil magnifique. Tout ce qu'il y avait d'élégant à Paris était là. Ces costumes neufs, cette salle fraîche étaient d'un merveilleux effet.

Le soleil qui, ce jour-là, étincelait sur le clin quant, réchauffa les cœurs, d'abord un ])eu froids d'émotion, et disposa bien le public qui, à cette première sortie, applaudit à outrance.

Deux ou trois exercices entrèrent avant ma seconde apparition. J'étais à cheval une demi-heure d'avance. Nous n'étions que cinq cette fois pour entrer. Je tremblais à ne pouvoir tenir mon cheval :

— Mon Dieu! me disais-je, jo ne puis plus me soutenir, je vais tomber!

Et je nii' ployais en avant, (piand je siMilis quelque chose me cingler le dos , et j'entendis M. Laurent me dire :

— Kst-ce que vous allez vous tenir comme cela? Itcdressez-vous donc, s'il vous |)laîl.

Je nie jetai en arrière.

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