TRAITEMENT TOPIQUE DES RÉTRÉCISSEMENTS
La puissance des topiques est ici fort restreinte, et à cet égard on s'est fait beaucoup d'illusions. L'on en pourrait tirer quelque avantage dans les rétrécissements inflammatoires, aigus et chroniques, et dans les rétrécissements spasmodiques.
Pour les premiers, on emploiera les émollients et les résolutifs; les injections rendues narcotiques ou les solutions légères d'alun, d'acétate de plomb, de sulfate de zinc, ou d'autres médicaments analogues peuvent modérer l'inflammation et la faire rétrograder, mais leur action est peu durable et partant peu efficace. Les agents caustiques, employés seulement pour modifier les surfaces, ont produit parfois de bons effets, mais il est probable qu'ils n'ont d'action que sur les rétrécissements par inflammation cbroniqiic ou par contraction spasmodique. Dans une brochure assez récente, M. Debeney affirme qu'on obtient les résultats les plus brillants en associant les injections de nitrate d'argent à la dilatation dans le traitement des rétrécissements même invétérés de Purèthre.
On attribuait autrefois beaucoup d'importance à l'usage des bougies médicamenteuses, faites d'une substance emplastique dans laquelle on incorporait un agent astringent, l'alun, par exemple; peu de chi-
rurgiens, de nos jours, ont confiance dans ce moyen, ils attribuent plutôt le succès à la dilatation concomitante.
Les spasmes musculaires des canaux muqueux sont parfois modifiés par les applications topiques. Le col de l'utérus, contracté au moment de l'accouchement, a pu se dilater rapidement sous l'influence des applications de belladone; la fissure à l'anus a été souvent guérie par les suppositoires, les lavements rendus actifs par la même substance. Le chloroforme aurait le même avantage, suivant quelques auteurs.
En résumé, impuissante conlre les rétrécissements hypertrophiques, cicatriciels et fibroïdes sous-muqueux, la médication topique peut être utile dans les rétrécissements inflammatoires aigus, subaigus et spasmodiques; par conséquent, elle convient aussi dans l'inflammation et le spasme, considérés comme complications des diverses variétés anatomiques.