DEVIATION PARTICULIERE DU DOIGT ANNULAIRE
J'ai présenté à la Société anatomique (1) quelques considérations propres à expliquer une déviation particulière du doigt annulaire. Dans les rétractions de l'aponévrose palmaire, j'ai remarqué une espèce de déviation des appendices digitaux qui n'est pas rare. Souvent le doigt auriculaire est seul dévié, fléchi, entraîné dans l'adduction avec rotation légère clans l'articulation mélacarpo-phalangienne, la concavité de l'arc qu'il forme étant tournée vers l'éminence thénar. En examinant la base du doigt, on remarque que la rétraction est due à l'existence d'une bride placée sur le côté radial. Or, l'aponévrose palmaire arrivée à l'intervalle interdigital du 4° et 5° doigt, envoie des prolongements à la première, quelquefois même à la deuxième phalange de l'auriculaire. De plus, la languette inter- digitale se sépare en deux parties, l'une allant au côté radial de l'auriculaire (le côté cubital en est dépourvu); l'autre gagnant le bord cubital de l'annulaire. Lorsqu'il y a rétraction de l'aponévrose palmaire, cette languette devient très-forte et ne trouvant pas de résistance du côté cubital de l'auriculaire, fait éprouver à ce doigt, outre la flexion, un mouvement de rotation qu'on n'observe pas dans la flexion des autres doigts, laquelle est directe. J'ai parcouru les mémoires de Dupuytren et Goyrand, la thèse de Gastel, je n'ai point trouvé d'explication satisfaisante de celte déviation. Il faut ajouter que la rétraction de l'aponévrose n'est pas le seul agent du déplacement; les fibres des muscles de la région hypothénar s'insèrent en grand nombre à la face profonde de l'aponévrose et peuvent aussi concourir à la rétraction.
(1) Bulletin de la Société anatomique, l. XXVI, p. 223, 1851.