ANOMALIES DU PÉNIS
nier. Au reste, nulle rougeur, nulle induration, nulle douleur. Je rassurai facilement le jeune homme.
Dans un autre cas, chez un malade que je soignais pour une chaudepisse assez violente, un petit canal semblable s'enflamma et se mit à suppurer avec une ténacité désespérante. L'écoulement uréthral avait disparu au bout de trois semaines ; le pertuis suintait encore au bout de trois mois. Je le sondai avec un stylet ; il avait à peine 1 centimètre de profondeur et ne communiquait pas avec le canal principal. Pour obtenir la guérison, il me fallut faire plusieurs cautérisations avec un crayon de nitrate d'argent très-aigu.
Enfin, puisque l'occasion se présente, je signalerai les méats multiples par cause pathologique, et résultant de la formation autour de l'ouverture uréthrale de véritables fistules urinaires que j'ai observées clans les circonstances suivantes :
Un élève en pharmacie vient me consulter pour une blennorrhagie très-ancienne, très-rebelle, et qui de temps à autre provoquait une inflammation très-vive du bout de la verge; il existait un hypospadias glandaire. Quand je vis le malade pour la première fois, l'orifice de l'urèthre, ainsi que les parties voisines, étaient tuméfiées, rouges, douloureuses, la miction très-pénible. Je prescrivis, au lieu des agents irritants qui avaient été mis en usage, les émollients, puis les astringents légers, enfin le repos et l'immobilisation de la verge dans la position verticale. Il y eut grande amélioration, mais néanmoins le suintement purulent persistait, et de temps à autre le moindre excès et la marche elle-même ramenaient les phénomènes aigus. Le malade me fit remarquer que le pus sortait non-seulement par le méat, mais aussi par les trois petits pertuis entourés d'une base indurée. Il avait constaté plusieurs fois l'issue de l'urine par ces orifices.
Ayant alors examiné les choses de plus près, je reconnus que l'orifice uréthral fort étroit, comme chez la plupart des hypospades, avait perdu son extensibilité ; qu'il s'agissait en réalité d'un rétrécissement fort dur, et j'en conclus qu'il s'était formé derrière cet obstacle un travail analogue à celui qui s'opère derrière les rétrécissements ordinaires, c'est-à-dire une inflammation avec suppuration, formation de fistules urinaires et induration périphérique.
J'engageai le jeune homme à faire la dilatation temporaire et progressive du méat et à me tenir au courant. Malheureusement je n'en ai pas reçu de nouvelles ; néanmoins les fistules urinaires entourant le méat sont désormais prouvées.
Je devrais sans doute terminer cette note par la digression qui précède, mais puisque je parle des canaux accessoires de la verge, qu'il