‹ Mémoires de chirurgie (volume 2)Chapitre 55 sur 73 · U ANOMALIES DU PÉNIS · texte numérisé non relu

U ANOMALIES DU PÉNIS

venait s'ouvrir à l'extrémité de cette dernière par un petit pertuis^ Il y avait imperforation de l'anus. (Bulletin de la Société anatomique,. t. III, p. 266; 1828).

Enfin, le même chirurgien a encore rapporté sous le titre inexact de Rétrécissement sur Vurèthre au niveau de la fosse naviculaire, une anomalie plus singulière encore ou qui, du moins, échappe à toute explication. Le sujet n'avait pas été observé pendant la vie ; à l'autopsie, on essaya d'introduire dans la vessie une sonde de très-gros calibre, mais l'instrument fut arrêté au fond d'un cul-de-sac situé entre la vessie et le rectum. Le vrai urèthre s'abouchait dans la fosse naviculaire, sur la paroi supérieure du grand canal, par un orifice trèsétroit. Dans le reste de son trajet, il n'offrait pas d'altération notable.

Il y avait donc deux canaux parallèles superposés : le supérieur était l'urèthre ; quant à l'autre, M. Monod le regarde comme une fausse route dans laquelle le malade aurait longtemps porté des sondes.

Or, cette hypothèse n'est point admissible, comme Vidal l'a déjà énoncé. Que dire, en effet, d'une fausse route large comme l'urèthre, tapissée par une membrane muqueuse parfaitement organisée, rampant régulièrement entre l'urèthre et la peau dans une aussi grande étendue et résultant de l'usage prolongé de sondes à demeure?

x\ quoi d'ailleurs auraient servi ces dernières, puisqu'elles ne pénétraient pas dans la vessie; elles auraient obstrué l'entrée du rétrécissement.

Il est à regretter que la dissection soit restée si incomplète et que l'on n'ait point dit comment se comportait le cul- de-sac par rapport à la prostate ou aux vésicules séminales.

Si la fausse route n'est pas admissible, il s'agissait sans doute d'une ectopie des voies prostatiques ou séminales. C'est, dans tous les cas,, le seul exemple que je connaisse de canal collatéral longeant la face inférieure du pénis.

Quoique l'embryogénie nous ait dévoilé presque tous les mystères du développement et le mécanisme de la plupart des vices de conformation, il est encore certaines anomalies dont les causes restent énigmatiques. De ce nombre sont les déviations des conduits excréteurs et l'ectopie non mécanique des glandes. Ici, les lois embryogéniques nous font entièrement défaut. Tout ce que nous savons, c'est que de la plupart des grosses glandes s'isolent normalement ou par aventure quelques lobules plus ou moins distants qui forment un groupe cà part avec ou sans connexion avec l'organe principal. La parotide a ses glandes molaires, le pancréas les glandes deBrunner, la mamelle ses lobules périphériques, la lacrymale ses granulations palpébrales, la

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