PHIMOSIS
si facile et si expéditif, que je l'emploie toujours quand il est indiqué, et sans le secours du chloroforme, même chez les adultes qui réclament le plus vivement l'anesthésie. Chez un sujet très-craintif, j'ai d'ailleurs une fois éteint la sensibilité de la peau avec l'éther pulvérisé, et la douleur a été presque nulle.
Il est une variété de phimosis qui mérite une courte mention. A première vue, les choses semblent normales; le gland peut être découvert quoiqu'avec peine dans la flaccidité, mais dans l'érection l'orifice préputial trop étroit presse sur lui et continue à l'emprisonner. Si celui-ci, par hasard, vient à franchir l'anneau, il y a chance qu'un paraphimosis se produise.
Le débrideraient linéaire dorsal suivi de réunion avec les serresiines convient très-bien à ces cas, et je l'ai pratiqué plus d'une fois avec succès.
Cependant j'ai eu affaire un jour à un garçon tellement pusillanime que je ne pus jamais le décider à subir cette petite opération. J'eus alors recours à l'expédient suivant : ayant bien fixé la verge de la main gauche, de la droite j'attirai le plus possible le prépuce en arrière et mis à nu presque les deux tiers antérieurs du gland. Alors, à l'aide d'une traction un peu brusque, je découvris celui-ci en entier. Je tins quelques minutes les choses en ce nouvel état pour empêcher la réduction. Le gland devint rapidement turgide et dès lors le paraphimosis s'établit. Je fis mettre le garçon au repos, puis au bout de quelques heures, quand le retour du prépuce en avant ne me parut plus possible, je fis envelopper la verge de compresses froides et résolutives. Le paraphimosis se comporta comme dans les cas légers et guérit en une dizaine de jours. Depuis cette époque l'ouverture préputiale resta suffisante.
Je reviendrai tout à l'heure sur le paraphimosis.
Le phimosis compliqué d'œdème inflammatoire du prépuce peuf mettre obstacle au cathétérisme en cas de rétention d'urine. J'ai rencontré trois faits de ce genre, l'un chez un enfant, les deux autres sur l'adulte. Le prolongement tuméfié du prépuce empêchait absolument de découvrir le méat. Je me suis contenté de pratiquer sur la face dorsale, et parallèlement à l'axe de la verge, une incision à laquelle il fallut donner chez un des adultes cinq centimètres d'étendue et qui saigna abondamment.
Quoique devant être réservée pour des cas exceptionnels, la circoncision est parfois indispensable; c'est ce qui arrive quand, à la suite d'inflammations réitérées, de balano-posthite chronique, le pli préputial tout entier est épaissi, induré, rétracté sur le gland. Il y a
1U ANAPLA.STIE DU PÉNIS.
trois ans, j'ai observé un cas de ce genre où la muqueuse se présentait au toucher comme une coque cartilagineuse.
Même indication de la circoncision quand la face interne du sac préputial est recouverte de nombreuses végétations simples ou passant à l'état d'épithélioma papillaire.
Il convient encore de réséquer largement le prépuce quand, à la suite d'un chancre mou, il présente près de sa base une perforation à travers laquelle le gland fait hernie.
Dans toutes ces ablations du prépuce, il faut s'attendre à une hémorrhagie assez vive, difficile à arrêter parce qu'elle se fait en nappe et que de plus elle est fort exposée à se reproduire. On la réprime avec le froid, les styptiques; mais ces moyens sont douloureux, provoquent une inflammation souvent très-vive, et préviennent mal les hémorrhagies secondaires. Dans un cas de ce genre j'ai opéré avec le couteau galvanique et m'en suis si bien trouvé que j'en recommande vivement l'usage. La section se fait avec autant de précision qu'avec le bistouri et simplifie le pansement qui consiste en l'application d'une compresse imbibée d'eau froide additionnée d'un liquide antiseptique. Le thermo-cautère Paquelin, substitué au galvano-cautère, aurait les mêmes avantages et la commodité en plus.
Ce n'est pas d'ailleurs seulement dans les cas compliqués que l'hémorrhagie est à craindre, c'est l'accident le plus grave et le plus souvent signalé après la circoncision ordinaire; elle provient surtout de l'artère du frein dont la ligature, soit dit en passant, n'est pas toujours aisée. Il est un moyen bien simple de s'en garantir, c'est de ne pas réséquer le prépuce trop près de son insertion à la face inférieure de la verge.
L'ablation du rétrécissement tubulaire, alors même qu'il est trèsétendu suffit amplement, et il est inutile d'empiéter sur la portion du sac préputial qui se moule sur le gland, mes dissections m'ayant montré que ce sac est toujours ample et extensible; en se bornant donc à exciser la seule zone rétrécie, on reste loin du frein et loin par conséquent du tronc artériel qu'il renferme.
En résumé, voici comment il faut procéder :
Attirer à soi autant que possible le limbe préputial, saisir et comprimer le prépuce entre les branches d'une pince à pansement appliquée et maintenue par un aide au point où l'on veut faire la section; exécuter celle-ci avec un bistouri bien tranchant en rasant les branches de la pince.
Malgré tous les efforts qu'on a faits pour attirer la zone rétrécie, elle n'est presque jamais détruite en entier et le gland se présente à la