C. — Mauvaise exécution; fautes opératoires. — Lambeaux
CONICITÉ DU MOIGNON. 827
trop longs, à pédicule trop étroit, imparfaitement alimentés par des artères insuffisantes; manchettes trop minces, privées par une dissection défectueuse du tissu conjonctif sous-cutané et des vaisseaux qui y rampent.
G. — Mauvais pansements. — Réunion immédiate en cas de lambeaux trop courts, tension trop grande des parties molles, et comme conséquence gêne dans leur circulation. Pansements compressifs trop serrés ; on pourrait craindre la mortification des lambeaux avec l'appareil ouaté, si on ne mettait pas une quantité suffisante de coton et si on serrait trop énergiquement les bandes.
D, — Mauvaise constitution des opérés. — Cette cause joue un rôle considérable. Chez les vieillards et les cachectiques maigres, lorsque la peau est mince, sèche, dépourvue de pannicule graisseux, le sommet des lambeaux et le bord des manchettes se mortifie très aisément. On a vu le moignon frappé de gangrène chez des ivrognes et des diabétiques. L'athérome artériel prédispose au même accident. En certains cas, la constitution du sujet n'intervient qu'indirectement dans la gangrène en provoquant des accidents qui secondairement conduisent à la perte des lambeaux. C'est ce qui m'est arrivé pour ce jeune homme atteint d'hypertrophie du foie et qui, au troisième jour d'une amputation de jambe à la partie supérieure, eut une hémorragie qui me força à lier la fémorale au sommet du triangle de Scarpa. L'ischémie ainsi produite amena aussitôt la gangrène du grand lambeau externe que j'avais taillé (voy. p. 491).
A peine est-il nécessaire de dire que toutes ces causes peuvent s'associer de diverses façons et de plus se compliquer d'inflammation primitive ou secondaire.
L'inflammation du moignon est sans contredit la cause la plus puissante et la plus fréquente de la conicité. Cette vérité, méconnue par les inventeurs de procédés opératoires et les chirurgiens de bibliothèque, a toujours été proclamée par les vrais cliniciens. La pratique contemporaine fournit en sa faveur un nouvel argument. En effet, depuis l'emploi des pansements antiseptiques, qui réduisent au minimum la phlegmasie locale, les moignons sont beaucoup mieux conformés qu'autrefois.
L'inflammation du moignon affecte diverses formes : elle est aiguë, subaiguë ou chronique, précoce ou tardive, passagère ou tenace, sujette a récidive; elle est totale ou partielle, c'est-à-dire qu'elle occupe d'emblée tous les tissus ou quelques-uns d'entre eux, débutant tantôt par les parties molles, tantôt par les os, s'arrêtent en chemin ou finissant par envahir le tout.